‹ Alfred de Curzon, peintreChapitre 35 sur 59 · INTRODUCTION XXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXV

son cadre approprié, la plus humblement, la plus profondément vraie. A force d'être simplement humaine, elle le devient divinement. Mais qui eût osé, au temps du second Empire, concevoir sans formule un tableau « de piété » ?...

En fin de compte, le meilleur, le plus pur de l'art de Gurzon se concentre en ses paysages. Nous avons vu l'artiste animé, dès sa jeunesse, du zèle de là vérité naturelle, de l'amour de la vie épandue et de l'espace. A l'heure même où il concourait pour le prix de Rome, en 1849, sa recherche semblait si étrangère aux partis-pris de l'académisme que les libres esprits furent moins étonnés qu'affligés de son insuccès relatif. Qu'il doive cependant, beaucoup à l'école classique, on n'en saurait disconvenir. Il lui a dû, comme le grand Corot, la notion des larges ordonnances, des belles masses équilibrées, des nobles synthèses, des amples et sereines harmonies, et, fort de cette conscience, il n'a demandé, ici, qu'au réel l'inspiration qu'en d'autres parties de sa production il demandait avec tant de plaisir à l'esprit littéraire. Les personnages antiques, historiques ou empruntés à la légende disparaissent de bonne heure de presque toutes ses toiles agrestes, mais c'est qu'il ne leur trouve pas une signification suffisante par rapport à ce qui les entoure. En fait, il n'a jamais cessé de penser à de tels acteurs en se proposant de les présenter uniquement en des milieux dont ils seront, pour ainsi dire, l'émanation spirituelle. Est-ce que sa Naissance d'Homère, du Salon de 1870, et son triptyque du Salon de 1875, Y Histoire de Ruth, ne touchent pas de bien près au paysage historique? A-t-il hésité, en 1878, à nous montrer Chloé au bord d'un ruisseau et l'ingénu Daphnis lui offrant un poisson qu'il vient de pêcher? Et que l'on consulte ses esquisses au fusain, on

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