‹ Alfred de Curzon, peintreChapitre 4 sur 59 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

et de l'estime qu'il inspirait. Un soir, le statuaire Eugène Guillaume s'écriait en lui rendant hommage : « Personne n'a au degré de Gurzon la pensée droite et l'harmonieux sentiment de la vie. » Et j'entends encore Charles Garnier, l'architecte de notre Académie nationale de musique, me dire, en m'y montrant les mosaïques de l'avant-foyer : « J'avais foi dans le merveilleux pouvoir décoratif de la mosaïque d'émail et j'aurais voulu être en mesure de mettre largement à contribution cet art splendide. Tous les peintres me dissuadaient d'y avoir recours, excepté Baudry et Curzon. Résolu à lui consacrer au moins ce vestibule en forme de galerie, je nie suis assuré le concours des mosaïstes de l'atelier Saiviati, de Venise, et j'ai demandé au frère de Baudry le projet du fond ornemental, à Gurzon les cartons des sujets mythologiques. Sans bruit, sans phrase, ils ont réalisé ce que j'avais conçu, bien mieux, certes, que je ne l'avais conçu. Regardez, surtout, les compositions de Curzon. Ce sont de purs chefs-d'œuvre. Il n'y a rien, à l'Opéra, de plus parfaitement approprié à son but, de plus conforme à mes vœux et qui me soit plus cher. »

I. — Sachons ce qu'avait été la formation d'Alfred de Curzon. Issu d'une famille ancienne et nombreuse et né le 7 septembre 1820 aux environs de Poitiers, il passa ses premières années à la campagne, en un site abrité, dans une demeure simple et silencieuse, où Ton menait, suivant le mot du grand siècle, « la vie des honnêtes gens ». Nous connaissons cette belle vie traditionnelle, faite de l'accomplissement des devoirs quotidiens, agrémentée de l'entretien des bonnes relations de parenté et de voisinage, rehaussée des plaisirs de l'intelligence. Nous connaissons, aussi, et nous aimons ces résidences patriarcales qui en sont le cadre naturel, spacieuses,

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