XL INTRODUCTION
souvenir grec évoqués ci-dessus revendiquent une place éminente parmi ses œuvres et gardent une physionomie tranchée dans la production générale de son temps.
Je n'ai pas tout dit. Alfred de Gurzon a encore trouvé moyen de peindre quantité de portraits. Le Catalogue de son Œuvre en relève plus de quatre-vingts exécutés de i844 à l'année de sa mort. Il ne s'agit pas, bien entendu, d'effigies d'indifférents, simples clients d'un portraitiste. Ce ne sont que figures de proches et d'amis, peintes par affection. Toutes n'ont pas la même valeur intrinsèque, mais en toutes l'artiste a mis sa conscience et. son cœur. Les modèles sont couramment représentés en buste, avec ou sans les mains, éclairés de face, quelquefois traités sur panneau et le plus souvent sur toile, tantôt en grandeur naturelle, tantôt en réduction. La plupart de ces portraits sont proprement des études de visages dans leur expression habituelle. Il en est, cependant, où s'accusent des desseins d'arrangement. Un petit panneau de i856 nous fait connaître la jolie enfant du peintre Froment, d'Autun, assise, un livre sur ses genoux, ses poupées à terre. Un autre de 1859 retrace au vif M. de Curzon le père, lisant dans un gros volume à tranches rouges, posé sur une table. Au Salon de 1866, on voit le portrait, à mi-corps, dans les proportions du réel, de la femme de l'artiste, vêtue d'une robe de soirée bleue, décolletée, parée de bijoux d'or discrets, de pur style antique, un de ses bras nus à demi voilé du nuage transparent dune écharpe blanche. Le bon Théophile Gautier range cette image toute claire, absolument déchargée d'ombre et. sans nul doute, touchée de l'influence d'Ingres, au rang des meilleures toiles de l'auteur. Le sceptique Edmond About la tient pour une manifestation décisive d'un talent « fait d'austérité