‹ Alfred de Curzon, peintreChapitre 41 sur 59 · INTRODUCTION XLI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLI

et de tendresse ». Qui n'y percevrait, en tous cas, un sûr témoignage dune des manières d'être de la Parisienne sous le règne de Napoléon III et de la façon d'une notable partie de l'Ecole française de comprendre et de rendre la beauté des contemporaines ? Nonobstant, la facture lisse et patiente de Curzon convient mieux aux surfaces réduites qu'aux grands formats. Je pense au portrait de sa petite-fille, Mathilde de Curzon, souriant baby aux cheveux bouclés, aux bras nus, à la robe blanche agrémentée de rubans roses. Ne fait pas qui veut de ces bouquets de tons. Or, l'artiste donnait à sa série d'effigies commencée dès sa jeunesse une si aimable et si fraîche conclusion en 1894, quand ses jours étaient comptés.

VII. — Mon cher Henri de Curzon, vous m'avez invité à faire avec vous l'examen de la vie et le tour de la production de votre éminent et vénéré père. Chose rare, belle entre toutes, nous venons de constater le parfait accord de sa production et de sa vie, dans le cadre de son temps. Jusqu'au bout, il a été l'homme de ses origines, de sa formation morale, de son irréductible idéal. Si son esthétique diffère à plusieurs égards de nos esthétiques actuelles, c'est que les goûts ont changé sous l'action des idées et des mœurs publiques, et si sa carrière n'a pas eu le genre d'inflexible unité de celle des maîtres impérieux, c'est qu'il avait, par essence, un esprit bienveillant, éclectique et souple, plus porté aux évolutions prudentes qu'aux violentes impulsions. En son époque, des tendances contradictoires préludaient aux futures crises : les bonnes volontés comme la sienne cherchaient des terrains de conciliation et des garanties d'équilibre. Classique de tempérament, épris de la grandeur du style, répugnant aux véhé-

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