XI.II INTRODUCTION
menées plastiques à la fois par complexion et par inquiétude technique, souvent son amour pour la poésie et la légende des poètes lui a ouvert de plus ou moins romantiques horizons en des conditions relatives de classicité. Gurzon n'entendait ni rejeter les traditions, ni accepter le convenu, ni, d'aucun côté, se mettre sciemment en dépendance. Il multiplia ses efforts, se perfectionna notamment dans l'exécution de figures nues et peignit, en cet ordre d'études, de beaux morceaux que sa jeunesse n'avait pas fait espérer. Mais, plus que tout le reste, le paysage et la peinture de mœurs le sollicitèrent. Plus qu'en tout le reste, il y excella.
Sa plus grande admiration, touchant l'art d'interpréter la forme humaine, fut assurément pour Ingres, dont le dessin chaste, miraculeusement accompli, l'enchanta et l'émerveilla toujours, sans le prendre au piège de la doctrine de Y Art pour l'art. Parmi les peintres d'Académie du second Empire, il garde une physionomie particulière. Baudry, Gabanel, Bouguereau, à des degrés divers et avec des moyens variés, poursuivent des impressions principalement voluptueuses. Sa Psyché, pour nous en tenir à ce seul ouvrage, atteste en lui la conception d'un idéalisme infiniment pur, qui le différencie de tous. — Paysagiste, les chefs-d'œuvre du vieux Poussin lui ont appris à démêler les amples caractères de la nature. Devant les scènes rustiques des campagnes napolitaines ou romaines, il a pensé à Léopold Robert, de qui les intentions lui plaisent plus que la manière. Il n'a pu être indifférent à la Malaria et aux Cervaroles d'Hébert. — Peintre d'intérieurs, le clair-obscur de Granet l'a hanté plus ou moins. Ainsi, nous ne le voyons évoluer que dans un cercle de qualités françaises, mais, quoi qu'il ait entrepris, jamais il n'a produit qu'à sa guise, selon son sentiment et d'une loyale indépendance.