‹ Alfred de Curzon, peintreChapitre 6 sur 59 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

de Vaugirard, où on le mit à sa neuvième année, un élève d'Ingres, le professeur de dessin Renoux, lui donna ses premières leçons et, dès lors, son goût natif se développa, mais sans aucune arrière-pensée professionnelle. Pas ombre d'esthétique dans les deux vagues projets d'avenir qui ont traversé son adolescence comme des feux follets : le projet de se tourner vers l'armée, conçu en lisant Y Histoire ancienne de Rollin ; ensuite celui de se vouer à la marine marchande, à l'exemple d'un de ses frères. Un seul de ses parents, son grand oncle, Mer de Beauregard, évêque d'Orléans, a pressenti pour lui la possibilité d'une carrière de peintre. Ne lui a-t-il pas dit, sur la vue de quelques-unes de ses feuilles crayonnées : « Si tu allais devenir un grand peintre, ce ne serait pas si sol ! » Mais bien mieux : c'est son père, dont il s'évertue, en i838, à lîxer la ressemblance, qui prononce le mot magique : « Peut-être ferais-tu bien d'aller à Paris et d'y étudier la peinture, au lieu de t'embarquer. » Le sort en est jeté. Avec l'approbation des siens, le jeune homme va se consacrer entièrement à l'art.

En effet, avant la fin de cette même année, le voici au bord de la Seine, inscrit parmi les élèves de Drolling (Ingres étant à Rome) et lié d'amitié étroite avec deux travailleurs de bonne volonté comme lui : Cardai! lac et Brillouin. A la vérité, son zèle est médiocre à dessiner soit à l'atelier, soit aux galeries du Louvre. Il n'étudie guère qu'en son logis, sans contrôle suffisant. Plus tard, le regret le poursuivra de s'être dérobé à une rigoureuse discipline qui lui eût ménagé une précieuse facilité de praticien pour l'exécution des figures. Son pinceau n'ira pas toujours, en cet ordre d'idées, sans hésitation. Au surplus, tout en se réservant de se perfectionner aux prises avec le modèle, il s'avise, au printemps de 1841, de vouloir surprendre les secrets du paysage et se cons-

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