L AMI
que chose, comme vous voyez. Donc prétez-moi le second volume du Hhiriy de Victor Hugo, et n'oubliez pas surtout quatre ou cinq de vos derniers Cahiers manuscrits, espèces d'herbiers, sorte de flore intellectuelle : chaque feuille est un parfum, un bouquet, n'est-ce pas? Ah ! Alfred est venu ce soir. Voilà sa vie depuis que je ne l'ai vu : — soirée chez M"" Decazes: — souper chez Buloz; — malade deux jours. — Le souper des Deux-Revues a été charmant. Hachel était délicieuse; seulement de Vigny, a table, puis Hugo, dans la soirée, se sont emparés d'elle et ne l'ont pas quittée d'un instant. Vous savez comme V. H. la traitait chez vous; maintenant ce n'est plus cela. Ils étaient tous là, depuis Chaudt-^ . qui
s'est saoule, jusqu'à X. Marmier, le lais,
Mérimée, Heine, Téoph. Gautier, M. de Hémusat, Vivien, Lerminier, etc., etc. Rien n'y manquait. Heine a été le roi... de la fève.
« J'ai prié Alfred de m'envoyer tous les vers qu'il reçoit et ne lit pas — il a toujours sur sa table des livres qu'on lui otfre et qui restent vierges. Nous les lui couperons si vous voulez ; tenez, pour vous remercier de votre visite d'aujourd'hui, voici son rondeau que je vous copie :
Fut-il jamais douceur de cceur pareille
A voir Manon dans mes bras sommeiller?
« Alfred a perdu ce soir 24 fiches. — A bientôt... (i).»
A Arvers, le 21 juin i833 :
... « II me semble que M. Bayard n'est pas tout à fait sans reproche à l'endroit de Musset et qu'il a pris, si l'analyse du journal est exacte, une délicieuse
(i) Lettre publiée dans notre Saiale-Beave, t. I. Appendice.
Il8 ALFRED DE MUSSET