scène dans le proverbe de notre ami intitulé la Que
nouille de Barberine, pour la faire déshonorer par
M"* Boisgontier (i). »
Au même, d'Aix-en-Savoie, août 1842 :
« Maman m'a envoyé des vers d'Alfred sur le duc
d'Orléans. Gomment les trouves-tu? Est-il vrai que le
pauvre g^arçon soit très malade?
« Informe-t'en, je t'en prie (2). »
Au même, le 25 avril 1848:
« Ce que tu m'apprends de Musset m'afflig^e extrêmement. C'est le cas de dire avec son Rafaël : Triste, triste, l'abbé!... »
Le 3i mai 1849:
« Musset m'a écrit hier une lettre adorable. On a dû jouer son proverbe le soir (3). Tu m'en diras ton avis, je te prie. Il a été ravi de sa soirée chez Pleyel et prétend que les feuilletonistes n'écraseront pas une feuille du délicieux petit bouquet qui lui a passé sous le nez ce jour-là. . . (4) »
Enfin, vers i853, Taltet écrit à Guttinguer :
« Alfred continue à être plongé dans les filles. 11 y laissera son génie et sa santé. Quel affreux suicide... (5)1 »
Je pourrais multiplier les citations à l'infini. Mais en voilà assez pour donner une idée de l'intérêt que portait à Musset cet ami des bons et des mauvais jours.
(i) Leltre inédite.
(a| Lettre iiu'dite.
(3) On ne saurait penser a tout, qui fut reprcscntc, effectivement, le 3o mai i84i; au Tlu'âtrc-Français. La première représentation avait eu lieu le 3 mai précédent à la Salle PIcyol.
(4) Cf. notre Sainte-Beuoe^ t. L Appendice.
(5) Id.
Quant à l'ifïfluence qu'il exerça sur lui au point de vue littéraire, elle fut considérable. Non seulement Musset lui lisait la plupart de ses compositions, grandes ou petites, avant de les publier, mais il tenait l^énéralement compte de ses avis, car si Tattet savait admirer, comme le lui disait un jour Guttinguer (i), il ne manquait pas pour cela de critique. Il voyait fort juste, au contraire et avait son franc-parlcr. C'est ainsi que, lors du différend qui éclata, en 1889, entre lui et son frère Paul à propos du Poète déchuy il n'hésita pas à se prononcer pour la publication de ce roman. Aussi Musset avait-il l'habitude de l'associer à ses succès et à ses revers. On connaît la lettre qu'il lui adressa, en i845^ lorsque Bocage entreprit de monter /e Caprice à l'Odéon. « C'est votre devoir d'être là, lui disait-il ; vous aurez le droit de partager les pommes cuites jetées à votre ami. » Musset était encore sous le coup du fiasco de ia Nuit Vénitienne. En 1848, quand le Théâtre-Français représenta son proverbe : // ne faut jurer de rien, c'est à lui qu'il expédia son premier bulletin de victoire. Il se disait déjà son meilleur ami. Le meilleur, non, car Arvers fut pour Tattet d'un autre secours que Musset. Mais il est certain qu'il l'aimail beaucoup, beaucoup, et qu'aux yeux de la postérité il aura plus fait pour son renom que n'importe lequel de leurs camarades. Les sonnets qu'il lui a dédiés ne sont-ils pas dans toutes les nitîtnoircs :