XIV PRÉFACE
Dans ces moments d'égarement et de prostration, elle lui était nécessaire.
Du lit, où l'aventure, un soir, l'entraîna, soudain pris de vertiges, il écrit à celle qui a le pouvoir de ramener la béatitude dans ses nerfs exacerbés : a J'ai eu les premières attaques de mes délires, toi seule les connais, viens, ne m'abandonne pas. » Et sa maîtresse, une comédienne, effrayée de l'halluciné qu'une caresse *a jeté dans ses bras, joint à ce billet sa supplique : « Venez^ Mademoiselle Colin, reprenez votre malade. »
Elle le reprit, il lui échappa encore quelquefois. Où allait-il?
Elle a la pudeur de ses fugues; elle les tait, et cen est point quelle les ignore. Elle n'a d'indiscrétion que pour le bien qu'il a fait, non pour le mal qui! se fit. Sur le coureur de ruelles qui retrouvait les traces de Régnier jusqu'à la Macette, elle n'a pas une ligne. Ses souvenirs ont des lacunes : c'est le respect qui les a creusées. D'un geste pieux, sur la nudité morale du poète elle ramène les plis du manteau. Elle tait les erreurs et les égarements du maître qu'elle approcha, ne se rappelle que les sentiments nobles et les nobles beautés.
« // n'y n pas de grand homme pour son valet de l'Iiaiiilji'c, ) (iil un //rovcj'be. Adèle Colin fa l'ail nn'iilir. Couvernniilc d'un grand homme, elle