L-crivait-il à dans
nuisent pas dana ce
transition des s actions. Je en. , rares dans le reste. (
dant Racine en faisait usage. »
encore qu'il n'y ait sens ou raison qui vaille ; mais la rythme de notre poëte, sera volontaire, non forcée ; receue, non appelée; propre, non aliène ; naturelle, non adoptive; bref, elle sera telle que levers, tombant en icelle, ne contentera moins l'oreille qu'une bien harmonieuse musique tombant en un bon et parfait accord (r). »
Sur ce point donc, malgré ses négligences voulues, le jeune poète des Contes d'Espagne et d'Italie était beaucoup plus près de la vraie doctrine que ses camarades de i83o.
Il disait encore à son oncle — et c'est heureux qu'on nous ait conservé cette lettre, car il achève de s'y peindre au naturel :
«Je te demande grâce pour des phrases contournées; je m'en crois revenu... Je te demanderai de t'attacher plus aux compositions qu'aux détails, car je suis loin d'avoir une manière arrêtée. J'en changerai plus d'une fois encore (2). »
Il me semble entendre Joachim du Bellay, qui, lui aussi, eut plus d'une manière, plaider pour les traducteurs après avoir fulminé contre eux, ou bien encore faire le procès des pétrarquistes après avoir pétrarquisé l'un des premiers. — Les poètes de l'âme et du sentiment, ceux qui ne chantent que lorsqu'ils sont inspirés, ne devraient jamais s'embarrasser de théories, parce qu'ils sont naturellement enclins à passer par-dessus toutes les règles. N'est-ce pas Lamartine qui écrivait une fois à Victor Hugo que la grammaire n'était point faite pour eux ?
Voici une anecdote qui nous permettra de pénétrer
(il Cf. notre édition de la Défense, i vol.in-i8, librairie Sansot et C'v (2) Lettre du mois de janvier 1800.
1 • ecret de la méthode de travail d'Alfred de Musset. Je remprunte aux x lirsai précieux de M. Legouvé.
Un jour qu'ils s'étaient rencontrés au Palais-Royal, pentlant les répétitions d'Adrienne Lecouvreur, la rersalion ayant passé d'Adrienne à Scribe, Musset dit à Legoui
« Je place Scribe très haut, niais il a un défaut, // ne te fâche Jamais contre lui-même. — Que voulez-vous dire par là ? — Je veux dire que quand Scribe commence une pièce, un acte, ou une scène, il sait toujours d'où il pari, par où il passe, etoù il arrive. De là s;ins doute un mérite de ligne droite qui donne grande lité à ce qu'ilécrit. Mais de là aussi un manque de
soup! et d'imprévu. Il est trop logique; il ne perd
jamais la tête. Moi, au contraire, au courant d'une ne ou d'un morceau de poésie, il m'arrive tout à coup île changer de rouie, de culbuter mon propre plan, de me retourner contre mon personnage préféré, et de le faire battre par son interlocuteur... J'étais parti pour Madrid et je vais à Conslantinople (i). »
est ! : cause, une des causes au moins, du charme particulier du génie d'Alfred de Musset. Peu de poètes possédèrent ce charme au même degré que lui,e! pour nia part je n'en vois qu'un au xvie siècle, qui procure le même plaisir avec les mêmes qualités et les ii 'est Joachim du Bellay. — Joachim
ne perd jamais la tète, étantbien trop latin pour dérai- ■onnerd e,mais il a de l'imprévu dans les mots
et d.ms les idé •- , et l'on - enl qu'il chante d'abord pour toi. Ils ont même cela de commun louslesdeux, Musset et lui, qu'ils ont horreur de la foule et se moquent de ses applaudissements. Joachim se contente de l'estime
II) Souvenirs de Lcgouvc, t. I, |>. rog.
de scs pairs; Musset, qui est né auteur dramatique, ne conçoit le spectacle que dans un fauteuil.
Je ne me suis pas l'ait écrivain politique N'étant pas amoureux de la place publique : D'ailleurs, il n'entre pas dans mes prétentions, D'rlre l'homme du siècle et de ses passions. C'est un triste métier que de suivre la foule Et de vouloir crier plus fort que les meneurs, Pendant qu'on se raccroche au manteau des traîneurs. On est toujours à sec quand le fleuve sYcoule. Oue de gens aujourd'hui chantent la liberté, Comme ils chantaient les rois, ou l'homme de Brumaire l Que de gens vont se pendre au levier populaire, Pour relever le dieu qu'ils avaient souffleté ! On peut traiter cela du beau nom de rouerie, Dire que c'est le monde et qu'il faut qu'on en rie. C'est peut-être un métier charmant, mais tel qu'il est, Si vous le trouvez beau, moi je le trouve laid. Je n'ai jamais chanté ni la paix ni la guerre ; Si mon siècle se trompe, il ne m'importe sjuère '. Tant mieux s'il a raison, et tant pis s'il a tort; Pourvu qu'on dorme encore au milieu du tapage, C'est tout ce qu'il me faut, et je ne crains pas l'âge Où les opinions deviennent un remord (i).
N'allez pas croire cependant que Musset se désintéresse de la chose publique. Lamartine l'a cru sur la foi de ces vers et de quelques autres encore plus légers :
Etre rouge ce soir, blanc demain ; ma foi, non.
Mais Lamartines'esttrompé,etPaul de Musset s'est chargé de relever son erreur. Il a beau préférer les baisers de Ninette et de Ninon à la politique, Alfred sait faire son devoir de citoyen tout comme un autre. La preuve en est que, de loin en loin, il lui arrive d'aller coucher à l'hôtel des Haricots pour avoir oublié, entre deux verres d'absinthe, deux filles ou deux
(i) La Coupe et les lèvres.
rimes, l'heure de h patrouille comme garde national.
li est même cocardier dans 1rs grandes occasions. Et
emande ou M. Le{ ouvé a pris qu'il manquait
atriolisme | i . Qu'il ne l'ait jamais affiché, je le is sans peine, il n était pas de ces chauvins qui, loirs de Charles 17, chantaient à plein gosier, au parterre de l'Opéra, le refrain démodé aujourd'hui :
vre aux tyrans I n France,
is l'Anglais ne régn
Mais, en i84o, 1ers de la coalition anglaise contre notre pays, il partagea la colère de tous les vrais patriotes, et quoiqu'il fiU très lié avec le duc d'Orléans, peut-être même à cause de cela, son frère raconte que, le jour où le dénouement honteux, grâce àla pleutrerie de tiilippe, se trouva consommé,
il s' is un accès de dépit: « Ce règne dure trop
. n'est pas le petit-nevea de Jeanne d'Arc pour rien 3 set avait certainement lu ['Hymne au
roi/ sur lu Calais, par J. du Bellay, et son
lion sur ï Angleterre :
«... Je vais plus loin, dit-il en parlant de Musset dans ses Soavc- ;nre d'un des grands et éternels sentiments vt paternel, l'amour filial, le patriotisme, la charité, ir de l'humanité, roua ne l'y trouverez pas! s i ourquoi? Je serais bien en . mais je crois <jue dans cel I il y avait de la
. frère nous a raconté ip. 17g de sa Biographie) <jue V lié le sonnet qu'Alfred lui avait d^dié après
l'attentat de Meunier, parce qu'il l'y tutoyait. ■ Je ne l'aurais pas deviné en mille 1 » dil I .- qui lui avait rapporte la
Lt, en effet, le roi Louis-PI it, eomme le disait on
jour de Ileredia au t.-or Nicolas, que ... h poète seul peut tutoj i (3) Se souvenir il avait entrepris, à une date incer-
. un poème Ire, dont son frère a publié un court
Mânes, ombres, esprits, et si l'antiquité
A donné d'autres noms à votre déité,
Erebe, Phlegeton, Styx, Acheron, Cocyte,
Le Chaos et la Nuict, et tout ce qui habite
A la gueule d'Enfer, la Rage, la Fureur,
Et tout ce qui est plein d'une éternelle horreur,
Afin que vous mettiez une peur, une fuite
Et tout ce que la Peur traîne encor à sa suite,
Aux Anglois, en leur Roine, en tous les ennemis
Qui contre les François en armes se sont mis ;
Et afin que les forts, les villes, les villages,
Les temples, les maisons, les sexes et les aages,
De ceux-là que j'entens, vous soyent à ceste fois
Par toutes maudissons et exécrables lois,
Vouez et consacrez, je les consacre et voue,
Et du vœu que je fais, la France m'en advoue.
Je les consacre donc pour le bien de mon Roy,
Pour tous ses alliez, pour la France et pour moy :
Afin que tout le mal, l'orage, la tempeste,
Qui nous peut menasser, tombe dessus leur teste :
Que nous demeurions saufs, nos femmes, nos enfans,
Que nous en retournions vainqueurs et triomphans,
Et chargez de butin, et que nostre victoire
Soit pour jamais sacrée au temple de Mémoire.
Qu'Angleterre, et sa Royne, et tous ses alliez
Ayant les bras au dos honteusement liez,
Marchant la teste bas, prisonniers de mon Prince :
Que tributaire soit à jamais leur province,
Et régnent à jamais nos enfans et nepveux
Sur les fils de leurs fils, et ceux qui naistront d'eux (1).
Mais où le patriotisme de Musset éclata aux }reux de tous, ce fut, en i84i, dans le Rhin allemand. On connaît l'origine de cette chanson :
a Le i8r janvier i84i,dit Paul de Musset, nous déjeunions en famille ; on apporta la livraison de la Revue des Deux Mondes qui contenait la chanson de Becker et la Marseillaise de la Paix. Alfred de Musset, voyant des vers de Lamartine au sommaire, courut d'abord à celte page de la brochure. En lisant les six couplets
(i) Recueil de poésie.