I. wn
sur elle. Il faut absolument que tu lui dises ou que tu lui voir combien je l'aime. Parle-moi aussi
de mon père : il vend sans doute mes chevaux pour satisfaire sa très mesquin»' vengeance. Tout cela vient
"rdre dans un grand puits de douleur. Crois-tu qu'il y aurait imprudence à revenir en France? Quand donc saurai-je à quoi m'en tenir sur cela et sur tant d'autres choses? Quand le procès aura-t-il lieu? Quelles sont les personnes compromises? Comment donc Roger | 1 ) avait-il arrangé mon histoire? Je ne tiens pas le moins du monde à être réhabilité. Les cens qui m'aiment ne m'en aimeront pas moins. Quant aux autres, cela m'est éçal. Dis au moins, pour sauver l'amour-propre de ton ami, que l'idée de revenir avec
mari a pu lui inspirer le coup de tête. Le fait est
je ne sais pas bien encore le fond de sa pensée, et bien habile celui qui y a pu jeter la sonde. Que devient mon faux bonhomme de beau-père? Il nous a tous floués, le vieux renard, avec son air mouton. Est-elle sortie du couvent? Où loçe-t-elle? Tu peux savoir tout cela, paie des hommes, s'il le faut, je te rembourserai à mon retour. Est-ce bien sûr qu'un mandat a été lancé contre moi? N'y a-t-il pas moyen de ne pas avoir de doute à cet égard? Ternaux ne
-il pas laissé aller à une panique? Ecris-moi vite et ne crains pas de tourner dans le même cercle ; l'humanité ne fait pas autre chose depuis qu'elle est créée. Adieu, cher ami, repens-toi du mal que tu m'as fait et répare-le, si c'est encore possible.
« A toi de cœur,
» Alfred T. »
Roger de Beauvoir.
« Que dit mon oncle Adolphe? tu ne me parles pas de Maria.
« Si c'est une vengeance, elle est bien plate; si c'est une arrière-pensée, c'est bien malentendu, bien maladroit et je ne vous en sais aucun gré. Mon Dieu, mes amis, excusez-moi si je vous ai dit des choses dures : je souffre tellement et si bien par votre faute que vous devez être indulgents. Pardonnez-moi comme je vous pardonne si vous me parlez d'elle, si vous pouvez savoir ce qu'elle est devenue et si vous me mettez à nu le fond de votre pensée pour que j'y puisse lire comme dans un livre. Ne me trompez plus, c'est si ennuyeux de faire toujours la même chose ! Croyezvous que je pourrai la revoir bientôt? A-t-elle quitté Paris? Quelqu'un a-t-il pu arriver jusqu'à elle et lui dire que je l'aimais éperdument ? C'est bien le moins qu'elle sache que je ne songe qu'à elle. Comment voulez-vous qu'elle pense à moi si personne ne prend ma défense, si pas une voix amie ne lui dit : « Il ne t'oublie pas. » Quand vous devriez le lui écrire, écrivezle. Vous avez bien trouvé des moyens pour me la voler, il vous en viendra d'autres pour me la rendre. Adieu, cher ami, je t'aime et t'embrasse.
« A toi.
« Alfred T. (i). »
Il n'y a pas besoin d'être grand clerc pour deviner que Tattet avait enlevé une femme mariée et se trouvait de ce chef sous le coup des poursuites judiciaires. De ces poursuites il n'avait au fond que médiocrement cure, sachant que tout le monde, parents et amis, s'employait pour arranger l'affaire. Mais il ne
(i) Lettre inédite.
i. ami iog
pouvait (M'a ne plus voir l'objet de son amour
et il en écrivait à tous ses compagnons de plaisir, même à Musset qui, comme fiche de consolation, lui
ridait en ces termes, le 9 juillet suivant: « Votre lettre, mon cher Alfred, est arrivée comme je n'étais pas à Pari-;, ee qui tait que ma réponse est en retard de quelques jours. Pour répondre d'abord à
• question sur ce qui regarde Madame... je crois
ce que je peux vous dire de mieux, c'est qu'il y a tantôt huit ou neuf mois que j'étais où vous êtes, sant la journée à maudire le plus beau, le plus bleu ciel du monde et toutes les verdures possibles. Jedessinaisde mémoire le portrait de mon inlidèle(i); je vivais d'ennuis, de cigares et de pertes à la rouais quec'en était t'ait de moi pour toujours,
je n'en reviendrais pas. Hélas! hélas! comme j'en sui> revenu! comme les cheveux m'ont repoussé sur la tête, le c >ura»-e dans le ventre, l'indifférence dans le cœur par-dessus le marché! Hélas! à mon retour, je me portais on ne peut mieux, si je vous disais que le bon temps, c'est peut-être celui où l'on est chauve,
ié et pleurant! Vous en viendrez-Ià, mon ami. Je vous plains aujourd'hui, bien sincèrement parce que vous souffrez. Quand vous serez i,ruéri, vous n'en serez pas fâché, soyez-en sûr. Tout ce qui fait vivre est bon et sain. Je vous promets de vous tenir au courant de tout ce que je pourrai savoir...
<< Je travaille à forée. Combien de temps comptezvous rester à Bade (2)? Adieu. Je suis à vous. « Alfred dk Musset. »
-n'C Sand.
sU'red de descendu à Bade, cq i834, chez le conseiller
1er.
Cette lettre réconfortante et rafraîchissante à la fois parvint à son adresse un peu trop tôt pour produire tout son effet, mais Tattet en reçut quelques jours après une autre d'Arvers, qui abondait dans le même sens et lui dessilla complètementles yeux. Nous n'avons pas la lettre d'Arvers, mais celle de Tattet nous suffit. Je la reproduis textuellement :
«Bade, 24 juillet 1835.
« Oui, mon cher ami, tu es bien coupable et bien paresseux, mais je te pardonne de grand cœur en raison du service quetu m'as rendu. Vous êtes mes deux sauveurs, Henri et toi, et vous méritez que, jusqu'à la fin de ma vie, je vous appelle .mes anges et que je baise le bout de vos ailes comme Voltaire dans ses lettres au comte d'Argental. Vous m'avez débarrassé de la plus grande salope qui fut au monde, d'une rouée sans cœur. C'est la vraie prostituée de Babylone. — J'ai appris sur elle des infamies qui m'ont tout à coup changé en pierre comme dans la fable. Pourtant, il ne faut pas que je m'y fie encore. Je l'ai bercée si longtemps dans ma tête et mon cœur, je l'ai caressée avec tant de tendresse et d'amour,que la place qu'elle occupait en moi est chaude encore. Après cela est-ce sa faute ? Son cœur était-il encore susceptible d'épouser ce qu'il y a de grand et de bon dans l'amour ? N'en a-t-il pas déjà usé tous les ressorts ? Depuis six ans ne travaille-t-elle pas à se blaser sur tout ? Dans sa pauvre tête, ne tâche-t-elle pas d'atteindre ce bel idéal qu'elle a rêvé sans doute, et qu'elle ne joindra jamais, et après lequel elle voudra toujours courir?Voilà mon tort; c'est dem'être adressé à une femme usée de cœur jusqu'à la corde, mais l'ai-je cherchée, et est-ce bien ma faute si je n'ai pas lu dans ses beaux yeux qu'elle
n'avait rien au fond il"' l'âme ? Le proverbe italien a menti cette Fois ettantd'autres !...Je n'avais pas assez. réfléchi à quelque chose de bien vrai pourtant : c'est que tes qui ont eu beaucoup de liaisons ne sont
plus aptes à aimer profondément. Elles ont semé en
trop d'endroits la divine semence du Seigneur, elles
ont répandu sur trop de tètes le parfum contenu dans
leur cœur, et au moment d'avoir une passion durable,
la force et la puissance leur manquent. Elles avaient
pté sur des ressources qu'elles n'ont plus, elles
tient qu'elles pourraient aimer longtemps parce
<P :s avaient aimé souvent, et elles se trompaient.
11 y a dans toute àme humaine une certaine somme
de délicatesse et de sentiment qui, une fois dépensée,
ne se retrouve plus. Au lieu d'en faire une seule et
i lie, elle a distribué une à une les fleurs odo-
•s, elle en a paré bien des boutonnières, et quand
:it est venu de déposer aux pieds d'un homme
es de son cœur, elle l'a trouvé vide comme
si la mort y avait passé.
lais c'est assez parler de cette femme dont je ne veux plus prononcer même le nom. Quant à mon sysque lu blâmes et qui est maintenant ma seule joie et ma consolation, je ne le quitterai pas avec des rosses pareilles. Je serais propre maintenant si j'avais toujours fait avec elle de l'amour sentimental. Elle de même planté là, seulement un peu plus tôt : et je n'aurais pas le plaisirde mètre vengé par avance r prescience. J'en serais pour mes frais de houlette et de bergeries, et c'est alors qu'elle ferait des es chaudes et qu'elle rirait de moi entre deux . comme nous l'apprêt Grand,
dit Dumas. Aussi je ne me repeus de rien et ferais
ALFRED DE MUSSLT
encore de même si, laissant le passé, il m'était donné de recommencer ce roman qui a de si curieux chapitres.
« Pour l'oublier tout à fait et revenir à Paris dans deux mois bien froid et bien réservé, je vais suivre l'itinéraire suivant qui aura sans doute ton approbation. De Bade à Stuttgard, Schaffouse, Constance, Ausgbourg, Munich, je veux me rendre à Vienne par le Tyroï et la Styrie (Saltzbourg et Graetz) ; descendre le Danube jusqu'à Presbourg et Pesth en Hongrie, aller à Prague où j'assisterai peut-être au couronnement de l'empereur d'Autriche, puis à Carlsbad et Tœplitz; de là à Dresde, où je verrai ce cher Gabriel, Leipsik, Berlin et Hambourg, où je prendrai le bateau qui m'amènera à Amsterdam en 36 heures. Voilà le voyage que je viens de composer dans le silence du cabinet. Il est, je crois, bien complet, et j'en rapporterai une riche moisson de souvenirs. N'en parle pas encore chez mon père, parce que la crainte des dépenses qu'il occasionnera pourrait bien me couper les ailes. Je quitterai Bade, le 3 ou 4 août. Ecris-moiposte restante à Vienne et tâche de me donner des nouvelles de tout le monde. Hélas ! je ne t'en demanderai plus de ce bon M. de Crupigny. Sa mort m'afflige beaucoup. C'était un de ces aimables vieillards si rares, à la répartie fine et à la mémoire toujours fidèle. Il manquera bien souvent à nos dîners d'hiver, et à ma bonne mère surtout à qui de temps en temps il tenait compagnie; as-tu quelques détails sur sa mort? S estil confessé? A-t-il rendu l'âme en philosophe, en déiste, comme il le disait toujours, ou bien a-t il failli comme tant d'autres? Serons-nous ses légataires universels au détriment de ses neveux et nièces et de sa gouvernante
l'ami 1 13
Sophie ? A qui revient son arsenal de pèche:' Dans quelles mains tomberont les armes de cet Achille «lu hameçon '.'
riens de recevoir cinq ou six lignes de Ternaux qui me prometune longue lettre pour ces jours-ci. Dislui de me l'adresser à Vienne, posle restante, s'il a »re cette bonne idée-là. Avant de finir la mienne, il faut que je vous remercie tous les deux encore une fois. Pardonnez-moi lesexpressionsqui m'ont échappé dans la colèreet aimez-moi toujours. J'étais bien malade (d'une vraie maladie honteuse que je croyais passée dans le sam; et incurable) et je suis guéri maintenant. Merci mille fois, merci. Le malade fera honneur aux médecins. Adieu et tout à vous de cœur.
« Alfred T.
« Quand tu verras P. Foucher, demande-lui donc ;u'il a depuis l'année dernière. »
Le malade, effectivement, fit honneur à ses médecins. C'est la dernière fois, à ma connaissance, qu'il tomba baissée dans les embûches de l'amour. Non, certes, qu'il eût renoncé tout d'un coup à Satan, à ses pompes et à ses œuvres ! Il eût fait ce serment à Bade, eût été incapable de le tenir à Paris. Le monde aurait cessé d'être habitable pour ce gai compagnon, dut où il n'aurait plus eu de chevaux à monter et courir. Mais à partir de cette malheureux e équipée, il aima les femmes uniquement pour le plaisir, et l'amitié dévouée et iidèle eut dans son cœur et dans ses actes le pas sur l'amour. Cela ressort pour
Il4 ALFRED DE MUSSET
moi de sa correspondance, qui est bien le tableau le plus étourdissant et plus sûr de la vie que, pendant vingt-cinq ans — de i83o à i855 — menèrent sur le boulevard les « lions » de la Bohême dorée qui avaient nom : Musset, Guttinguer, Roger de Beauvoir, d'Alton-Shée, Mosselmann, Chaudesaigues, Belgiojoso, le major Frazer, Tattet — voire Félix Arvers, que beaucoup seront étonnés de trouver en si joyeuse compagnie. Ce qui me frappe, en effet, dans la correspondance de Tattet, écrite d'une plume si vive, si avisée, si parisienne, c'est l'intérêt qu'il porte à ses amis qui sont dans les lettres, surtout à Arvers et Musset. Au milieu de ses dissipations les plus grandes, il a toujours un regard, un mot pour eux. De même ils n'ont qu'un signe à faire pour qu'il accoure se mettre à leur disposition. Je dirai plus loin quels furent ses rapports avec Arvers. On va voir tout de suite de quelle nature furent ses relations avec Musset.
Le i3 novembre 1887, il écrivait à Guttinguer : « Musset a voulu absolument vos nouveaux sonnets. Je lui en ai donné un exemplaire;... »
Et quelques jours après (8 décembre) :
« Musset est invisible. On ne le voit que dans les grandes joies ou dans les grandes douleurs. Ce n'est pas l'homme de la conversation intime et du coin du feu... »
Le 5 janvier i838 :
« J'ai dîné aujourd'hui avec Alfred, qui fait des vers en ce moment : il adresse quelques questions à l'Etre suprême qui resteront sans doute sans réponse, du moins il n'y compte pas, même sous la forme de la fameuse statue de pierre. Il va donc porter à Dieu le père quelques bottes dont il ne mourra pas, mais qui
pour tout autre qu'un immortel seraient fort embar- . »
Au mois de septembre i83g :
a J'ai montré à Musset, il \ aquinzejours,le chemin Je fer de Versailles. Il ne l'avait jamais vu et en est revenu enthousiasmé. Il a dû faire un sonnet en son honneur. »
Vers le même temps :
« Cher ami, vous avez été bien bon et bien aimable de venir déjeuner à ma Caverne et de nous avoir apporté cette adorable humeur que vous avez dans bons jours. Musset, pour un homme qui s'était levé à 1 1 heures, était aussi passablement en train. Il m'a lu aujourd'hui deux ou trois pages admirables sur la différence qui existe entre le poète et le prosateur (y). Cela fera partie du Poêle déchu qui sera fini Dieu sait quand (3). Nous aurons auparavant une espèce de conversation qui ne sera ni un roman dis- Allusion aux strophes qui terminent la pièce intitulée l'Espoir n
Lorsque tant de choses sur terre Proclament ta divinité,
rnblent attester d'un père îour, la force et la bonté, uiment, sous la sainte lumière, ■ >n des actes i font expii Sur les lèvres des malheur Pourquoi, dan-
Tant d'éléments si peu d'accord?
le crime et la peste ?
O Dieu juste! pourquoi la mort?
L'Espoir en Dt a ne port ite dans le Youvelles.
La lettre de Tattet lui en donne une, et au point de vue bibliographique, cela d
(a) C i paru dans les Œuvre» posthumes de Musset.
ne fut jamais terminé, par la faute de Paul de ùtait pas ce roman. (Cf. la Bibliographie d Alfred de Mu 'et, p. 170.)
tingué, ni un proverbe sur les bals de l'Opéra, et qui rappellera peut-être la Nuit et le Moment, de Crébillon fils... »
Le 23 juillet i84i :
« Je n'ai pas vu Alfred depuis fort longtemps. Son grand travail consiste à savoir si, étendu dans son vaste fauteuil, il se décidera à mettre sur la cheminée sa jambe gauche plutôt que sa jambe droite. C'est, vous en conviendrez, fort important. »
Quelques jours plus tard :
« Je vous enverrai cette nouvelle d'Alfred, mais je vous préviens que c'est du dernier médiocre. J'aime mieux qu'il se taise que de parler ainsi. Celle de George Sand est commencée. Jusqu'à présent, c'est un Anglais qui a le beau rôle... (i). »
Au mois d'octobre 1842, il écrivait de Naples à Arvers :
« On t'écrira peut-être de Châlons-sur-Marne au sujet de mon coupé que j'ai laissé là (2). Que la lettre du propriétaire de l'hôtel des Trois-Faisans ne t'étonne pas quand il t'apprendra que la voiture est partie pour Paris et envoyée quai Voltaire (3). J'ai donné l'adresse d'Alfred, ne sachant pas si tu étais de retour quand on me l'emmena. Je ne veux pas qu'on apprenne à la maison d'où elle arrive (4). »
A Guttinguer, au mois de février i843 :
« Envoyez-moi donc mon Pierre le Noir, que je le finisse et m'explique pourquoi Musset y est allé trois fois; je ne vous écris que pour vous demander quel-
(1) Tous ces fragments ont paru dans notre Sainte-Beuve, t. I. Appendice.
(2) Il était encore parti de Paris en bonne fortune.
(3) Où habitait Alfred de Musset.
(4) Lettre inédite.
que chose, comme vous voyez. Donc prêtez-moi le nd volume du Rhin, de Victor Hugo, et n'oubliez surtout quatre ou cinq de vos derniers Cahiers itucrils, espèces d'herbiers, sorte de flore intellectuelle : chaque feuille est un parfum, un bouquet, jt-ce ;ias? Ah ! Alfred est venu ce soir. Voila vie depuis que je ne l'ai vu: — soirée chez Decazes: — souper chez Buloz; — malade deux jours. — Le souper des Deux-Revues a été charmant, liel était délicieuse; seulement de Vigny, à t;ïble, puis Hugo, dans la soirée, se sont emparés d'elle et ait pas quittée d'un instant. Vous savez comme V. il. la traitait chez vous; maintenant ce n'est plus cela. JIs étaient tous là, depuis Chaudesaigues, qui s'est saoulé, jusqu'à X. Marinier, le Finlandais, Mérimée, Heine, Téoph. Gautier, M. de Rémusat, Vivien, Lerminier, etc., etc. Rien n'y manquait. Heine a été le roi... de la fève.
« J'ai prie Alfred de m'envoyer tous les vers qu'il reçoit et ne lit pas — il a toujours sur sa table des livres qu'on lui offre et qui restent vierges. Nous les lui couperons si vous voulez ; tenez, pour vous remercier de votre visite d'aujourd'hui, voici son rondeau que je vous copie :
Fut-il jamais douceur de cœur pareille A voir .Manon dan - sommeiller?
» Alfred a perdu ce soir 24 fiches. — A bientôt... 1 1 ). »
A Arvers, le 21 juin [833 :
... « Il me semble que M. Bayard n'est pas tout à fait sans reproche ;'i l'endroit de Musset et qu'il a pris, *i l'analyse du journal est exacte, une délicieuse
tf ...us notre Sainle-B . • ■. t. I. Appendice.
scène dans le proverbe de notre ami intitulé la Quenouille de Barber ine, pour la faire déshonorer par M,le Boisgontier (i). »
Au même, d'Aix-en-Savoie, août 1842 :
« Maman m'a envoyé des vers d'Alfred sur le duc d'Orléans. Gomment les trouves-tu? Est-il vrai que le pauvre garçon soit très malade?
« Informe-t'en, je t'en prie (2). »
Au même, le 2.5 avril 1 848 :
« Ce que tu m'apprends de Musset m'afflige extrêmement. C'est le cas de dire avec son Rafaël : Triste, triste, l'abbé !... »
Le 3f mai 1849 :
« Musset m'a écrit hier une lettre adorable. On a dû jouer son proverbe le soir (3). Tu m'en diras ton avis, je te prie. Il a été ravi de sa soirée chez Pleyel et prétend que les feuilletonistes n'écraseront pas une feuille du délicieux petit bouquet qui lui a passé sous le nez ce jour-là. . . (4) »
Enfin, vers i853, Tattet écrit à Guttinguer :
« Alfred continue à être plongé dans les filles. Il y laissera son génie et sa santé. Quel affreux suicide... (5) ! »
Je pourrais multiplier les citations à l'infini. Mais en voilà assez pour donner une idée de l'intérêt que portait à Musset cet ami des bons et des mauvais jours.
(1) Lettre inédite.
(2) Lettre inédite.
(i!) On ne saurait penser à tout, qui fut représenté, effectivement, le 3o mai 1849 au Théâtre-Français. La première représentation avait eu lieu le 3 mai précédent à la Salle Pleyel.
(4; Cf. notre Sainte-Beuoe, t. I. Appendice.
(5) Ici.