‹ Alfred de VignyChapitre 15 sur 121 · MÉNALQUE · texte numérisé non relu

MÉNALQUE

Un jour, jour de Bacchus, loin des jeux ég-aré,

Seule je la surpris au fond du bois sacré :

Le soleil et les vents, dans ces bocag-es sombres,

Des feuilles sur ses traits faisaient flotter leurs ombres ;

Lascive, elle dormait sur le thyrse brisé ;

Une molle sueur, sur son front épuisé,

Brillait comme la perle en g-outtes transparentes.

Et ses mains, autour d'elle, et sous le lin errantes,

Touchant la coupe vide, et son sein tour à tour.

Redemandaient encore et Bacchus et l'Amour.

BATHYLLE

Je vous adjure ici, Nymphes de la Sicile, Dont les doigts, sous des fleurs, g-uident l'onde docile ; Vous reçûtes ses dons, alors que sous nos bois, Rougissante, elle vint pour la première fois. Ses bras blancs soutenaient sur sa tête inclinée L'amphore, œuvre divine aux fêtes destinée. Qu'emplit la molle poire, et le raisin doré. Et la pêche au duvet de pourpre coloré ; Des pasteurs empressés l'attention jalouse L'entourait, murmurant le nom sacré d'épouse; Mais en vain : nul regard ne flatta leur ardeur; Elle fut toute aux Dieux et toute à la pudeur.

Ici, je vis rouler la coupe aux flancs d'argfile; Le chêne ému tremblait, la flûte de Bathvlle Brilla d'un feu divin; la Drvade, un moment Joyeuse, fît entendre un long frémissement, Doux comme les échos dont la voix incertaine Murmure la chanson d'une flûte lointaine.

Ecrit en i8i5.

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