‹ Alfred de VignyChapitre 98 sur 121 · DE LA PUBLICITÉ · texte numérisé non relu

DE LA PUBLICITÉ

« Vile publicité ! toi qui n'es qu'un pilori où les profanes passions vienne nous souffleter ! » ai-je dit dans Chatterton.

Les auteurs s'en occupent trop. L'un court après les articles de journaux ; l'autre, après les opinions de salon qu'il cherche à former. Peines perdues !

Un homme qui se respecte n'a qu'une chose à faire :

Publier, ne voir personne et oublier son livre.

Un livre est une bouteille jetée en pleine mer, sur laquelle il faut coller cette étiquette :

Attrape qui peut !

Quand, le soir, on revient du monde des salons, on s'étonne d'avoir changé son caractère et de s'être renié dix fois soi-même. — On a fait le futile avec une tête lourde de pensées.

Une des choses curieuses de notre époque, c'est l'orgueil des prétentions littéraires démesurées. — L'un appelle son livre : la Divine Epopée; l'autre, la Comédie humaine.

Page 1