‹ Alfred de Vigny (volume 3)Chapitre 8 sur 33 · EMILE · texte numérisé non relu

EMILE

Quelques jours après, il lui écrivait encore au sujet de Ces aire.

«li octobre 1830.

« Vous faites beaucoup de bruit à Paris, mon

(i) Lettre inédite, communiquée ainsi que les suivantes par M™e la baronne de Croze, née Guiraud.

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cher Guiraud.Oii appelle Césaire un jacobin et un capucin, mais on le traite en puissance, et les injures de quelques journaux sont de la rage et de lenvie. Moi, je n'ai pas perdu mon temps. D'abord d'ici à peu de jours va paraître dans le Globe un très long article que Sainte-Beuve a fait refaire trois fois, et qu'il n'a pu faire lui-même, emporté qu'il est par la politique. De grandes discussions se sont élevées à cet égard parmi les actionnaires-administrateurs actuels du Globe, et si quelques parties de l'article vous déplaisent, ce ne sera pas la faute de Sainte-Beuve ni la mienne. Vous soulevez de telles questions qu'il y a des colères et des sympathies énormes au sujet de Césaire. Votre libraire est content, c'est beaucoup, et moi, je suis enthousiaste du livre, depuis que je l'ai lu trois fois. Je vous le dis bien franchement. Que d'idées et d'émotions là-dedans! et vous êtes là un très grand écrivain en prose. J'en parle à chaque instant à Soumet et à Jules, qui vient de recevoir une lettre de vous.

(( Je suis allé il y a quelques jours aux Débats. Là, grand courroux contre votre préface et votre politique. Mais j'ai obtenu, chose immense, qu'un grand article allait être consacré à Césaire et qu'il serait fait par un homme de beaucoup de talent

LA VIE POLITIQUE, LITTÉHAIKE ET RELIGIEUSE qS

(Saint-Marc Girardin), mais l'ouvrage sera, je crois, fortement attaqué. Enfin de tout cela, succès, gloire et bruit. C'est ce que nous voulions. Il m'a fallu bien batailler, je vous jure, pour obtenir un article dans les Débats. Ils voulaient étouffer Césaire sous le silence, comme un monstre dangereux. L'amitié et l'admiration m'ont donné des forces et de l'éloquence, et j'ai gagné qu'on vous traiterait fort mal, mais fort sérieusement et longuement. Je ne sais si vous devez m'en remercier., dites-le-moi.

« Je reçois une lettre de Groze,qui voudrait bien vous lire dans son exil. ■M™'' Croze arrive ici dans quelques jours et pour quelques jours. Ecrivez donc à votre libraire qu'il me remette un exemplaire pour elle, afin qu'elle le porte en Auvergne à notre ami.

« Adieu, cher ami, recevez les tendresses et les félicitations de tous nos amis, et d'Aglaé (i), et faites agréer mes respectueux hommages à M'"^ Guiraud. Vous verrez dans le Globe de demain des vers de Victor Hugo très forts contre la Chambre. Tant mieux!

« Mille amitiés encore. Ecrivez-moi.

(( EMILE, w

P. S. — «Rien n'est décidé encore pour les actions

{i)M™« Emile Deschamps, née Vinot, mariée en 1817, morte à Versailles le 10 février i855.

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du Globe, et je ne ferai rien sans vous prévenir et vous consulter de nouveau (i) ».

Les vers de Victor Hug-o contre la Chambre n'étaient autres que VOde à la Colonne (n° 2), qui parut, en effet, dans le Globe du 10 octobre. Pour comprendreréraotionqu'ilscausèrentdansle monde politique, il faut lire l'article qui leur servait d'introduction.

« Nous sommes heureux, disait le Globe, de pouvoir offrir à nos lecteurs une pièce récente et inédite de M. Victor Hug-o. Personne n'a oublié cette Ode à la Colonne, par laquelle le poète commenra de de venir populaire; aujourd'hui c'est le pendant, c'est la seconde partie, et comme i'anli-strophe de sa première ode que nous donne le poète. L'occasion de la première était l'insulte faite par M. d'Appony à quelques-uns de nos plus illustres guerriers; l'occasion de celle-ci est le dédain lancé aux cendres de Napoléon par nos 221. Nous nous sommes déjà exprimé sur le caractère politique de ce triste et honteux ordre du jour. Le gouvernement et la chambre, par leur faiblesse et leur esprit peu sympathique à la révolution de Juillet, ont fait en sorte qu'il y eût, sinon danger réel, du moins inopportunité et inconvénient à un grand acte de répara-

(i) Lettre inédite.

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lion et de justice nationale. Politiquement parlant, c'est moins à l'ordre du jour en lui-même qu'il faut s'en prendre qu'à l'espèce de nécessité étroite et misérablement conséquente quiy a conduit la Chambre. C'est parce que la Chambre n'a en aucun cas V intelligence de la situation présente qu'elle n'a pas dû davantage en avoir Vimagination et en vouloir la splendeur; c'est parce qu'elle a repoussé et brisé une à une toutes les conséquences utiles de la révolution de Juillet qu'elle a dû refuser à la France certaine solennité glorieuse. Elle n'a rien fait de grand ni de radical dans la loi ; elle ne pouvait tolérer qu'il se fît quelque chose de grand et d'auguste dans les rues. Pour que les cendres de Napoléon rentrassent sans inconvénient en France, à l'heure qu'il est, il aurait fallu les faire précéder de toutes les grandes réformes politiques et populaires ; abolition de la peine de mort pour tout le monde; liberté d'écrire, d'enseigner ou de s'associer sans entraves préventives ; l'élection dans tous les sens et à tous les degrés; plus de cens d'éligibilité, et, pour électeurs, d'autres capacités que les censitaitaires; plus de milliard d'impôt; économie sévère dans l'administration, et abjuration sincère de la routine fiscale ; point d'hérédité aristocratique. Oui, tout cela se tenait. Alors nous étions véritablement

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une nation nouvelle, grande par elle-même et par son g-ouvernement, une nation capable d'émotions et de fêtes sans danger pour personne ; alors, et du moment qu'il n'y avait plus d'article 291 ni de traditions administratives et financières qui nous rappelassent le mauvais côté impérial, nous étions vraiment la postérité pour l'empereur, et la vieille liberté triomphante n'avait plus droit de se récrier contre une expiation funèbre; alors aussi le jeune gouvernement auquel s'est ralliée la France, fort du patriotisme qu'il aurait prouvé, n'avait lui-même aucune raison de s'effaroucher d'un hommage rendu à des cendres, et de craindre qu'en les remuant il n'en jaillît quelque secrète étincelle. Il en est arrivé différemment; ceux qui croient que la politique n'exclut pas toute grandeur en ont souffert comme d'une petitesse; le poète s'en est indigné. Il lui convenait, certes, de s'indigner, à lui qui s'est voué dès l'enfance au spectacle continuel de cette grande gloire, qui s'en est épris d'abord dans ses rêves par le côté oriental et gigantesque, qui l'a envisagée longtemps d'un œil eff'aré comme une statue énigmatique, une idole inconcevable placée sur le seuil du siècle; puis, qui, la comprenant mieux, a été initié par cette première intelligence à celle du siècle tout entier et au culte de la liberté elle-même. »

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Dès le lendemain de la publication de VOde à la Colonne, le Globe insérait l'article sur Césaire, annoncé par Emile Deschamps. Cet article était plutôt favorable.

« L'action est des plus simples, disait le rédacteur anonyme, et dépouillée d'incidents et de péripéties jusqu'à la nudité, si l'on ne considère que la forme antérieure de la composition. Mais l'intérêt est réel et prog^ressif, parce que tout se passe dans le cœur et sous l'œil de la divinité. Or, la peinture vivante des passions et le jeu de leurs contrastes avec les devoirs et les croyances, enfin le combat éternel de la double nature de l'homme seront toujours les plus grands sujets d'étude pour les écrivains, et d'émotions pour les lecteurs. Le style de Césaire, dans ses défauts comme dans ses beautés, tient de la langue philosophique et poétique; le langage du récit et le dialogue ordinaire y sont peu employés. En un mot, tout ce livre est intime ou idéal pour la forme comme pour le fond; c'est surtout la vie de l'àme qui s'}^ trouve réfléchie avec ses fêtes silencieuses et ses plaies invisibles ; et c'est pourquoi le litre un peu mystique de révélation convient beaucoup mieux que celui de roman à l'ouvrage tel qui est. »

Sur les opinions politiques et religieuses de I 7

gS ALFRED DE VIGNY

l'auteur, le Globe faisait les réserves suivantes :

<( Césaire est précédé de deux avertissements qui sont relatifs aux événements actuels... Les professions de foi nous paraissent assez inutiles quand on n'est pas dans une position politique qui les exige, mais ce n'est pas nous qui blâmerons l'expression franche d'une opinion consciencieuse et indépendante, fût-elle intempestive et un peu fastueuse. M. Guiraud se déclare très catholique et très libéral. C'est moitié plus que nous ne demandons, mais enfin c'est une combinaison assez rare pour être remarquée. Il en résulte un caractère et une individualité qui ont leur prix: il en résulte surtout que M. Guiraud, en prenant la plume, ne prend le mot de qui que ce soit, y

Sainte-Beuve n'eût pas mieux dit, et il suffit que nous sachions qu'il fit refaire par trois fois cet article pour que nous reconnaissions son esprit dans la note finale.

Trois ans plus tard, Emile Deschamps écrivait encore à son ami :

« Paris, 29 déccml)rc 1833.

« Oui, mon cher Guiraud, j'avais la main à la plume pour vous écrire quand votre charmante lettre m'est arrivée, et je garde ma plume pour vous

répondre. Nous sommes deux paresseux très coupables, vous un peu plus que moi, si c'est possible, puisque vous partiez et que ceux qui restent sont les plus malheureux. Enfin indulgence plénière et mutuelle, n'est-ce pas ? Je ne pense plus à rien qu'aux vœux les plus vifs pour votre bonheur et pour le mien, c'est vous dire que nous \ous attendons bientôt, car vous l'avez promis, et Don Juan vous attendra aussi. Je l'ai soig-né de mon mieux dans la partie qui m'a été confiée, vous verrez. C'est une œuvre très artiste, très consciencieuse, c'est toujours cela. On ne sait point, place Vendôme (i), que vous devez arriver, mais arrivez donc tous deux : quelles étrennes ravissantes ! Sans compter vos quatre volumes, qui comptent pourtant beaucoup. J'en suis bien avide, car je n'aime rien tant que votre prose... Je me trompe : il y a vos vers que j'aime aussi passionnément. Moi aussi j'ai fait beaucoup de prose, je songe à réunir tout cela dans un cadre et j'ai peur d'arriver aussi aux quatre volumes, au moins vous ressemblerai-je en quelque chose. J'ai vu avant-hier quelques-uns de vos semblables. Charles Nodier, qu'on recevait à l'Académie, et Lamartine, qui était à la séance. Nodier a fait un discours charmant de convenances,

(i) Où habitaient les Boscary, dont il est parlé plus loin.

d'esprit et de sensibilité. Il est vrai que Jouy lui a répondu et que Tissot a dit des vers ensuite. Mon Dieu ! quels orateurs et quels poètes ! venez donc pour rompre avec deux ou trois contre la monotonie delà médiocrité, car Soumet n'y va pas plus que vous : il ignorait, m'a-t-il dit, le jour de la séance. Toujours le même !... Gabrielle grandit encore en talent. C'est une muse du ciel. — Avezvous lu Lélia ! de M™^ Sand ? Voilà une muse de l'Enfer I Mais quel style de feu, quelle hauteur d"idées, quel génie ! selon moi au moius, c'est une splendeur d'images, et une [illisible].

« C'est l'époque actuelle résumée avec ses atroces infirmités. Je suis désolé d'admirer de pareilles choses, mais j'admire.

« Je vais faire vos commissions place Vendôme. Vous parlez vrai et on vous entendra. Je ne sais rien de nouveau non plus, mais je donnerais les trois quarts de tous les bonheurs qui peuvent m'attendre pour le bonheur de ces dames qui sont si charmantes et si bonnes, et si bonnes pour nous. En attendant voici un autre mariage d'avant-hier dans la famille : M. le V^^de Ginosfct aorc M^'^^ Antoninc Doscary (i). Ils sont très aimables et pnr-

(i) M. Boscary était l'agent de change de Lamartine, qui en parle souvent dans sa correspondance.

LA VIE POLITIOrE, I.ITTEUAIRE ET IXELIGIEISE lOI

faits tous deux et ne peuvent manquer d'être fort heureux.

« Mon Dieu, que je viens de lire de vous une g-randc pièce de vers qui m'a charmé! C'est votre Courage ! Voilà de la forte et haute poésie, avec une forme solide et irréprochable. Merci de tout votre talent. Comme ce livre vert et blanc où je l'ai lue serait beau si vous en aviez fait tous les vers et moi tous les blancs ! M""^ Guiraud me pardonnera-t-el!e ce calembour? Je n'en ferai plus qu'à son retour, en la reconduisant la nuit jusqu'à sa porte. Aglaé et moi, nous avons bien besoin d'un dédommas^ement, votre dernier voyage a été presque perdu pour nous à cnuse de tous nos malheurs.

« Adieu, nous adressons tous deux à vous deux tout ce qu'il y a de plus tendre au monde, sans oublier vos beaux enfants.

<( A propos, nous avons déménagé. Nous demeurons à présent rue de la Ville-l'Evêque, n° 4ij u" peu plus loin. Nous sommes très bien. Amenez nous y porter bonheur.

« Votre ami de crrur « EMILE (i). »

Cette maison de la rue de la Ville-l'Evèque était

(i) LeUre inédite.

celle que Vigny lialjita, en 1827, après sa mise en réforme.

Autres lettres de Deschamps à Guiraud :

I Paris, 21 juin [1835].

« Lisez attentivement, mon cher Alexandre, la lettre de M. Gustave de Romand (1) et donnez votre adhésion et votre nom à celte entreprise honorable et utile et qui manquait à l'époque actuelle. Nous en sentons tous le besoin. Une revue rivale de la Revue des Deux Mondes. Une tribune où toutes les opinions monarchiques, toutes les philosophies chrétiennes-calholifjues trouveront à parler de haut, voilà l'idée de l'entreprise ; dans la position des choses, toutes les nuances monarchistes doivent former un faisceau contre l'envahissement démocratique ; toutes les idées relig-ieuses contre le déisme ou l'athéisme qui se ressemblent tant; enfin une revue qui prendrait dans son plan élastique MM. de Bonald, Chateaubriand, Royer-Collard, Lamartine, Ballanche, etc., etc.

« M. Gustave de Romajid a eu cette excellente idée qui se féconde de j<Mir eu jour — et personne mieux que lui ne peut la nietlre en a*uvre par ses

(i) I\f. de Romand a publié un certain nombre de brochures politiques dont une, parue en 18.39, sous le titre De l'étal des partis en France. Il devint plus lard préfet du Var et de Saùne-et-Loire.

LA VIE POLITIQUE, LITTERAIRE ET RELIGIEUSE I o3

relations sociales et littéraires, son caractère et ses talents. Donnez-lui votre assentiment et vos idées, et ce sera encore une nouvelle chance de succès. Enfin vous voilà un écho véritable pour vos paroles.

« J'attends aussi un mot de vous pour la Biographie des Femmes dont je vous ai parlé, et Soumet me charge de vous le rappeler.

« Personne ne vous aime plus que moi, et pourtant tout le monde vous aime excessivement. Ma femme embrasse la vôtre et je me mets à ses pieds pour lui demander la permission de lui baiser la main. Mille caresses à vos beaux enfants. Quand donc viendrez-vous, vous tous ? Les siècles s'en vont dans l'absence.

« EMILE (l). »

a Paris, 8 octobre 1836,

(' Cher Alexandre, votre lettre /narme nous a ravis pour vous et votre chère Marie. Que ne nous a-telle ravis jusqu'à vous ? Quelle bonne et douce lettre ! quel beau et charmant pays ! et que cette vie nerveuse de Paris est désagréable et coupée en mille morceaux ! Comment voulez-vous qu'on y travaille à quelque chose de grand et de suivi ? Par bonheur, j'existe en mes amis et surtout en vous.

(i) Lettre inédite.

« Je VOUS (lirai que je corrige tous les jours les épreuves de votre volume de poésies, qui sera délicieux. J'ai un plaisir indicible à vous relire la plume à la main. Les Maccliabêes et toutes vos élég-ies me redonnent mes jeunes émotions. C'est là de la bonne et belle littérature, de la poésie de cœur et d'esprit à la fois. C'est ce que nous disions encore hier soir avec Jules de Croze et sa femme, qui nous sont revenus et à qui je lisais tout haut vos épreuves; ils vous envoient mille bravos de tendresses à vous tous, mêlées avec les nôtres. J'ai fait faire toutes vos corrections et je vous mets des épig-raphes partout : on me les a demandées, et je me suis permis d'en mettre une de moi à votre cantique de la première communion (i), qui est un peu le mien aussi, je m'en vante; c'est une collaboration trop glorieuse pour l'avoir oubliée. Au surplus, j'ai fait aussi un cantique sur le même sujet avec les mêmes

(i) Le Cantique de la première, communion au Couvent du Sacré-Cœur fui j)ublié dans les Poésies dédiées à la jeunesse, Paris, 1887.

Voici l'épigraphe d'Emile Deschamps :

Vous le savez, toutes petites Ou vous porla devant l'aulcl.

Tendres lys, sous les eaux béniles, Marqu(^s pour les jardins du ciel ; Aujounl'luii dans noire sein même, Brûlant d'espoir et de ferveur, Nous allons, pour second baptême, Recevoir le sang du Sauveur.

l.A VIE POI.ITIOUE, LITTÉllAUVE ET RELIGIEUSE I o5

idées et quelques vers pareils, en ma qualité de co-propriétaire, mais je les ai changés depuis, et c'est de là que j'ai pris mon épigraphe. Je n'avais pas attendu votre lettre pour faire une petite préface à votre charmant volume. Vous la lirez : on l'a trouvée fort convenable et on en a imprimé une partie dans le Journal de la société, puis on vous a fait faire deux vignettes avec titre gravé, ce sera fort élég'ant. J'y ai travaillé avec le dessinateur. J'ai choisi le Petit Savoyard et Ismaé'l et Agar pour les deux vignettes, et pour le titre j'ai fait représenter une grande croix et la iMiise grecque qui vient s'y abriter. Qu'en dites-vous ? C'est là votre talent et le fait de la poésie actuelle. La forme classique avec les sentiments chrétiens. Vous serez imprimé tout à fait à la fin du mois. Je vous demande d'avance ainsi qu'à M*"** Guiraud votre indulgence pour la simple prose qui précède votre belle poésie. J'aurai besoin aussi d'une autre indulgence pour les volumes de vieille prose de moi que la Société réimprime en même temps et que Thérèse voudra bien accepter, j'espère, quoiqu'elle soit déjà bien grande pour une si innocente littérature. Quant à votre belle poésie du cloître, c'est affaire remise à plus tard. Il ne s'agissait de rien moins que de nous emparer de la Revue de Paris, si hostile jusqu'à

présent (i), et on avait eu recours à vous, à Soumet, à moi, etc., etc. Les libraires ont fait avorter la chose, mais elle se reprendra, et je g-arde toutes les poésies que j'avais rassemblées.

(( La Biographie des Femmes ne va que d'une aile tout au plus. Les fonds manquent, je crois...

« Tâchez donc de venir à Paris. Si vous saviez comme Aglaé et moi nous avons besoin de Marie et d'Alexandre ! Comment trouvez-vous Soumet, qui vient de prendre un appartement rue Saint-Paul, près de l'Arsenal ? Nous en sommes tristes au possible.

rt M'"« Isaure (2) est revenue toujours triste et souffrante, et pourtant très heureuse. Sa santé nous inquiète.

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