‹ Alfred de VignyChapitre 18 sur 20 · Inédite, 11 mars · texte numérisé non relu

Inédite, 11 mars

DERNIÈRES ANNÉES. l'hOMME ET L*ŒUVRE. 136

marquise de la Grange, qui cherchait à Tattirer et le distraire chez elle, recevait pour toute réponse à ses instances affectueuses des lettres telles que celle-ci : « Avant-hier, mercredi, je vous ai écrit un billet tout rempli de regrets. Je vous disais qu'il ne faut plus jamais m*inviter à dîner. J'ai le cœur serré de mille tristesses et je ne pourrais pas sourire un moment, même près de vous. Vous m*en demanderiez la cause, et ce serait pour vous un grand ennui que de Tentendre et pour moi un vrai supplice que de la dire. Ne m'interrogez jamais. Il y a tant de choses auxquelles Dieu seul peut quelque chose!... »

Dans le monde, sa réserve était plus rigoureuse encore. A voir ses dehors paisibles, la placidité olympienne de son visage et la beauté calme de ses attitudes, personne ne se doutait que son âme fût atteinte mortellement et que le sang coulât goutte à goutte de son cœur.

Une expression qui revient fréquemment sous sa plume traduit bien son tourment durant ces dernières années : a Implora pace ». C'était une épitaphe gravée sur une tombe de femme et qu'il avait recueillie dans la correspondance, alors récemment publiée, de lord Byron ^ Il se la répétait tout bas, s'en faisant à

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