‹ Alfred de Vigny, sa vie et son œuvreChapitre 10 sur 199 · Journal · texte numérisé non relu

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vilenies d'un monde odieux sa dignité oflensée? Et, de même encore que l'auteur des Destinées renoncera délibérément à tous ses succès de théâtre, de romans et de poésie pour se condamner au silence libérateur, l'adolescent de quatorze ans qui réussissait si bien, à l'en croire, en ses premières années d'étude se mit de parti pris à ne plus faire son travail d'écolier, à seule fin d'obtenir une délivrance prématurée. « Calculant, dit-il, que la force de ce que je faisais était cause de cette place qui m'était donnée parmi ceux qui me surpassaient en âge et en force de corps, je résolus de travailler mal, préférant les punitions des ^maîtres aux mauvais traitements des élèves, et espérant être retiré chez mes parents. Je réussis à cela ; et, après quelques années de seconde et de rhétorique employées à mal apprendre le grec et le latin, je revins sous le toit paternel *.» Ainsi, fuyant les vaines luttes mesquines et déjà las de Ihoslile société de ses semblables, l'impuissant Moïse de demain abdiquait dès l'école pour ne stoïquement chercher qu'en son for intérieur à la fois son orgueil et son bonheur. Au frêle et fier adolescent si sensible aux inévitables brutalités de la vie, la sagesse maternelle ne sut pas ofîrir de mentor plus expérimenté qu'un précepteur ecclésiastique. Rapidement, il est vrai, en ce régime de serre chaude, les facultés intellectuelles du poète naissant se développèrent, et même ne se développèrent que trop, dans le sens où les appelait une imagination facilement exaltée : en sa solitude ., studieuse, le jemie Vigny s'éprit de littérature. « On m'éleva bien, assure-t-il, on développa le sentiment

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