‹ Alfred de Vigny, sa vie et son œuvreChapitre 112 sur 199 · Serv. el Grand, mil · texte numérisé non relu

Serv. el Grand, mil

2. Une amusante histoire, qui pourrait bien cacher un fond de vérité, est racontée à ce sujet par Edouard Grenier, qui fréquenta beaucoup le salon de Charles Nodier : ■< Oh! je avé trompé vô, parce que je aimé vu », aurait dit Lydia en embrassant son mari détrompé. » (Revue Bleue, 13 juillet 1893.)

3. « Un jour à Florence, à un dîner où était M. de Lamartine, comme on parlait des jeunes poètes français du moment : «Et « moi aussi, disait le vieil A nglais, j'en ai un qui a épousé ma fille. <• — Son nom? » lui demanda-t-on aussitôt. Et comme il cherchait dans sa tète sans trouver, il fallut qu'on lui en nommât plusieurs pour qu'il dit au passage : « C'est lui! » (Nouv. Lundis, VI, 418.)

4. Correspondance, 70, 77, 81. Ftevue de Paris, 1" sept. 1897.

à transiger avec un beau-frère anglais, dont toute la bonne volonté ne fut peut-être qu'habileté avisée. « La partie crécliecs que j'ai jouée contre la destinée toute ma vie, se dit stoïquement Théritier frustré, je l'ai toujours gagnée... Avec un beau-père trois fois millionnaire, j'ai vécu honorablement sans lui rien demander jamais une fois pendant treize ans et sans faire de dettes. Dans toutes les affaires de fortune, j'ai attendu mes droits sans daigner me plaindre, j'ai souffert en silence, j'ai travaillé sans dégrader ma pensée, et je n'ai fait que des œuvres d'art K » Comme le Gilbert de son Stello, Vigny eut donc « la pudeur de sa pauvreté » ; et, après avoir « pendant une vingtaine d'années singé l'aisance et la fortune par orgueil et pour ne rien demander », il put « se féliciter de ce qu'il ne laissait à aucun homme le droit de dire : // s'est abaissé^ ». « Il vécut, constate sèchement Sandeau, presque étroitement dans une médiocrité peu dorée. » Ces mesquines luttes pour l'argent si noblement soutenues eurent du moins un précieux mérite : elles apprirent au gentilhomme pauvre à doublement estimer les viriles joies du salaire, u Le travail est beau et noble, déclare-t-il : il donne une fierté et une confiance en soi que ne peut donner la richesse héréditaire. Bénis soient donc les malheurs d'autrefois, puisqu'ils m'ont fait connaître cette joie du salaire d'ouvrier qu'on apporte à sa mère en secret et sans qu'elle le sache ^. » « Je suis ouvrier en livres, » répète Chatterton.

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