‹ Alfred de Vigny, sa vie et son œuvreChapitre 12 sur 199 · III. — Carrière militaire · texte numérisé non relu

III. — Carrière militaire

En cette adolescence à l'excès studieuse et sédentaire devait fatalement se produire une réaction des facultés actives trop longtemps contraintes, une brusque explosion d'ardeur impulsive, féconde en conséquences imprévues. « Las d'une méditation perpétuelle dans laquelle j'épuisais mes forces, dit Vigny, je sentis la nécessité d'entrer dans l'action et^ n'hésitant pas à me jeter dans les extrêmes comme >/ j'ai fait toute ma vie, je voulus être officier, et pressai tellement mon père de se hâter de me donner cet état qu'il fit dès le jour même les démarches qu'il J fallait pour cela. L'artillerie me plaisait. La gravité, le recueillement, la science de ses officiers s'accordaient avec mon caractère et mes habitudes... Je me passionnai pour les mathématiques et, voulant entrer à l'École polytechnique, je fus en peu de temps en état de passer les examens ^ » A coup sûr l'imagination et le sentiment furent pour beaucoup en ce coup de tête de rêveur exalté. Comment, au milieu de la fièvre guerrière qu'entretenaient alors les épiques triomphes de la Grande Armée, l'émotif

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