‹ Alfred de Vigny, sa vie et son œuvreChapitre 125 sur 199 · La Colère de Samson · texte numérisé non relu

La Colère de Samson

3. Cinq-Mars, J28. « Tout ce que tu m'as fait souffrir... est incalculable. Ce n"est pas trop de ta vie pour me le faire oublier... Je t'aime tant et avec une inquiétude si continuelle... Tu me rends très malheureu.x. Je ne puis plus vivre ainsi... Ne conduis pas tes offenses plus loin que ne pourraient aller mon amour et ma bonté... Je suis las de cette lutte continuelle. • (C, 52, 54, 59.)

4. '< 0 mystérieuse ressemblance des mots I Oui, amour, tu es une passion, mais passion d'un martyr, passion comme celle du Christ. Passion couronnée d'épines où nulle pointe ne manque. » (J., 101.)

teur, ce ne fut plus qu'avilissante déchéance '; mise en présence des plus humiliantes perfidies, elle apparut comme une grossière duperie doublée d'ingratitude monstrueuse-. Peut-être, conformément à l'évangile de M™^ de Staël, le miséricordieux amant trompé s'acharnait-il à aimer sans espoir de retour. « Il faut craindre de faire dépendre son bonheur du besoin d'être aimé; contentez-vous d'aimer, vous qui êtes sensibles; c'est là l'espoir qui ne trompe jamais; c'est là le malheur moindre *. « Chatterton ne se jure-t-il pas alors d' « écouter son cœur en tout, dans ses épanchements comme dans ses indignations. A quoi bon feindre le rigorisme, quand on est indulgent? On me trahit de tous côtés, je le vois, et me laisse tromper par dédain de moi-môme*. »

1. « Ce qui reste en mon âme de tout cela; c'est plus que de la tristesse, c'est du malheur, c'est du découragement mortel. Je sens en moi une honte secrète pour la première fois de ma vie. Les mots que je me suis fait etlort pour prononcer hier m'ont outragé, pius que je ne puis le dire; je me coupais moi-même au tranchant de mon arme et en me vengeant je me blessais. » (C, 53, 59.) « ^e conduis pas tes offenses plus loin que ne pourraient aller mon amour et ma bonté. » <• idées de poème. — Qu'astu fait, ù femme, qu'as-tu fait? Une idée par baiser s'écoulait sur tes lèvres... La Fornarina s'éveille, embrasse Raphaël : il était mort. (/., 84). — Un Christ dans une alcôve! Rêve d'une femme qui l'entend lui reprocher les plaisirs qu'elle a goûtés avec son amant devant la croix. Elle souffre et se sent percer les mains en expiation toutes les nuits. ■> (J.)

2. « Ah! quelle cruauté que de m'accuser, moi, moi! de ne t'avoir pas assez servie au tliéàtre... Toutes les heures de nos jours et de nos nuits se passent depuis quatre ans à chercher comment te rendre heureuse, et pendant ce temps-là tu semblés l'occuper à trouver comment tu m'affligeras et quelle peine tu me réserves pour le lendemain. Le contraste devient trop douloureux à présent. - (G., 5i, 59.)

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