Journal
3. Correspondance, 98. Le Journal de 1838 (p. 153) contient, pourtant, dans un projet de poème sur Milon de Crotone, ces mots qui ne sont peut-être pas sans allusion aux malheurs qui attendaient la pauvre Dorval : « 0 lemme méchante! ton esprit est pareil à ce Milon : sans pitié il déchirait le chêne pour se jouer: mais cet arhre sait bien qu'il est le plus grand des arbres de nos bois. Il sait cela, et s'est veng-é. A présent les animaux vils vont te dévorer. »
plaignait encore sa ^< pauvre unie tourmentée ». « Le dédain l'a tuée^, » s'en allait-il répétant.
« Que devient M'"* Dorval? » lui demanda un jour l'épouse délaissée ; on ne sait ce que le mari coupable répondit à sa « seule et vraie amie » ; mais ce qu'on peut deviner, c'est tout ce que cette fausse situation dut chez un homme de cœur comme Vigny ajouter de regrets, de remords et d'angoisse morale aux blessures de Tamour-propre et aux tourments de la passion. Oui pourrait nier que le pessimisme congénital du poète en fut singulièrement assombri?