‹ Alfred de Vigny, sa vie et son œuvreChapitre 129 sur 199 · I. — Déceptions politiques · texte numérisé non relu

I. — Déceptions politiques

La vie publique ne fut pas plus favorable à notre idéaliste que la vie privée : elle aussi ne lui réservait que déboires. Vigny était, pour ainsi dire, légitimiste de naissance : autour de lui, parents et amis, également victimes de la Révolution, lui avaient dès le plus bas âge plus ou moins consciemment inculqué la fidélité au Roy comme le dogme fondamental d'une Religion désormais éprouvée par le martyre. « Nous avons élevé cet enfant pour le Roi, » écrivait la mère ; « le Roi est le représentant de Dieu sur la terre*. » « Mon père, quand j'étais encore enfant, ajoute-t-il, me faisait baiser la croix de Saint-Louis en priant Dieu, et plantait ainsi dans mon cœur, autant quïl le pouvait, l'amour des Rourbons qu'avait l'ancienne noblesse » ; « superstition politique, sans racine, puérile, se dira-t-il plus tard, vieux préjugé noble d'attachement de famille, sorte de vasselage de parenté de serf à seigneur-; » oui, superstitieuse

1. Lettre de M"^ de Vigny au ministre de la Guerre (E. Dupuy, op. cit., 209); Conseils à son fils [Sillon, janvier 1905).

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