‹ Alfred de Vigny, sa vie et son œuvreChapitre 131 sur 199 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. Ibid., 93. "■ Je vis les Bourbons, disent les Mémoires inédits

devait infailliblement périr. Quand vint donc à trembler ce « vieux trône » vermoulu : « Treize ans de service mal récompensés, se dit-il d'abord froidement, m'ont acquitté envers les Bourbons ». « Et pourtant, ajoute-t-il hésitant, si le Roi revient aux Tuileries et si le Dauphin se met à la tête des troupes, j'irai me faire tuer avec eux. J'ai préparé mon vieil uniforme ^ » Mais ni Roi ni Dauphin ne vinrent, et rinutile défenseur des princes en fuite de s'écrier la rage au cœur : « Ils ne viennent pas à Paris, alors qu'on meurt pour eux. Race de Stuarts ! oh I je garde ma famille-. »

Comme il avait perdu sa foi religieuse, Vigny perdit ainsi sa « foi politique^ » : il en demeura désemparé toute sa vie. « La chute de la royauté légitime, dit Sainte-Beuve, exerça sur lui et sur sa pensée une grande influence : cette première monarchie, si elle avait été plus intelligente, était bien le cadre naturel qui lui aurait convenu, un cadre noble, digne, élégant, orné et un peu resserré, plus en hauteur qu'en largeur. En se brisant par sa faute, elle l'obligea à chercher d'autres points d'appui pour son art, d'autres points de vue *. » Tout en restant fon-

(Dupuy, op. cit., 222), tels qu'ils étaient, froids, illettrés, ingrats de cœur et même par principe, car ils se faisaient une sorte de théorie d'ingratitude, un dogme de demi-dieux, que j'entendis plusieurs fois enseigner et prêcher par leurs intimes, par des ducs revenus avec eux d'émigration. »

i. Journal, 47.

2. Ibid., 4S. Parlant en ses Mémoires inédits de sa « constance de lévrier vis-à-vis d'une race ingrate et dégénérée », Vigny ajoute : « J'ai été fidèle au Roi Bourbon comme une honnête femme l'est à son mari, sans amour. >■ (Cf. Ern. Dupuv, op. cit., 282.)

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