Lamartine, Souvenirs personnels
préteiidaiiL qu'il estima « inlelligent, impartial, épris du vrai ' » ; en 1852 il le revit à Angoulême lors du retour triomphant de Bordeaux. Que se passa-t-il en cette mystérieuse entrevue'? Vigny, invité de Compiègne et des Tuileries, caressa, paraît-il, Tespoir d'être nommé « gouverneur du prince impéi'ial » ; peut-être était-il de l'avis de Pascal, « qui aurait sacrifié sa vie pour une chose si importante » ; il n'obtint pas même d'entrer au Sénat. '< Impérialiste modéré », il vécut comme ci-devant, oublié en sa « Vendée bonapartiste " », Pourquoi cet oubli persistant? Lamartine nous en donne le motif si honorable : « Vigny n'était pas courtisan ^ » ; il avait refusé décrire sur la naissance dudit Prince un poème officiel. « Je ne sais pas faire ces choses-là, » disait-il en Stello aussi inhabile à « vendre qu'à dégrader sa pensée '». «- Il n'attacha jamais de cocarde à sa Muse», confirme Antoni Deschamps.
Et voilà comment, tant par dignité que par impuissance, ni sous la Restauration, ni sous le gouvernement de Juillet, ni sous la seconde République, ni sous le second Empire, le pauvre Docteur Noir, qui