‹ Alfred de Vigny, sa vie et son œuvreChapitre 142 sur 199 · Les Consolations, mars · texte numérisé non relu

Les Consolations, mars

4. Il paraîtrait, il est vrai, si l'on eu croit Barbier {Souvenirs

Vigny méritait d'autant moins de tels procédés qu'il fut toujours fidèle à de loyaux amis tels que Brizeux, par exemple, Barbier, Philippe Busoni, Léon de Wailly; en dépit de sa méfiance à l'égard de toutes les associations \ l'auteur de Stello tenta même, après la dispersion du deuxième Cénacle, d'en former avec ses intimes et quelques autres un troisième plus discret que les deux premiers. « Je garde pour un futur Cénacle, écrivait-il à Sainte-Beuve, afin de me faire pardonner mes gros livres, des Elévalions que je vous prierai d'y venir entendre, dans l'espoir de renouveler nos échanges de vers, et au milieu des anciens amis poètes qui nous sont restés et des meilleurs parmi les nouveaux que la Muse nous a donnés -. » « L'art n'est pas un instrument de fortune et de popularité, » disaient ces paisibles rivaux des Jeune-France. Une si belle devise impliquait trop de désintéressement pour remplir de fidèles la petite chapelle mystique : elle fut vite désertée.

Vigny n'en prit pas moins fort au sérieux le rôle de « protecteur des lettres » que lui imposait en quelque sorte son attitude dans Stello et Chatterton. Il n'avait pas seulement « des charités de théorie », dit Ed. Fournier, il fut « philanthrope pratiquant ». « Ce qu'il avance dans ses livres, confirme Brizeux, il le pratique dans sa vie. Je pourrais citer de lui mille traits qui l'honorent à l'égal de ses écrits ^ »

personnels, 320), que Vigny prit en une fois sa revanche complète de toute cette guerre déloyale : « Sainte-Beuve, aurait-il dit, est un crapaud qui empoisonne toutes les eaux dans lesquelles il vit ».

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