‹ Alfred de Vigny, sa vie et son œuvreChapitre 143 sur 199 · Brizeux à Lacaussade, 27 mars · texte numérisé non relu

Brizeux à Lacaussade, 27 mars

Nous en connaissons quelques-uns. « Il me faudrait renvoyer tout cela à M. de Vigny, » disait ironiquement M. Thiers, en montrant la masse croissante des demandes de secours dont, au lendemain de la fameuse représentation, tous les émules de Chatterton surchargeaient son bureau de ministre; Vigny eût bien volontiers accepté cette délicate mission de Mécène officiel. « On ne peut mettre trop d'indulgence, disait-il, dans les rapports avec les jeunes gens qui consultent'. » « Les jeunes écrivains qui sont venus à lui pour des conseils ou pour une protection, déclare Lagardie -, savent que vis-à-vis d'un obligé il était la grâce et la courtoisie même. Il n'adressait pas de flatteries banales et stéréotypées; il ne disait pas comme Chateaubriand à tout poète imberbe : « A vous l'avenir; à moi le passé! » mais, plein de patience et de conscience, il lisait, annotait et corrigeait l'œuvre informe où il découvrait quelque promesse. En d'autres temps et d'autres conditions, il eût été le Mécène le plus généreux et le plus éclairé. » C'est avec cette touchante sollicitude que pendant des années il suivit en leurs trop fréquentes tribulations Emile Péhant, qu'il fit vainement nommer professeur de rhétorique à Vienne, Pîttre-Chevalier, Charles Farcinet et bien d'autres ^

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