‹ Alfred de Vigny, sa vie et son œuvreChapitre 32 sur 199 · Lettre inédite publiée par Ern. Dupuy, op. cit · texte numérisé non relu

Lettre inédite publiée par Ern. Dupuy, op. cit

Hugo, se ravisant : « Formons le bataillon carré, se contente-t-il de dire, serrons les rangs. On tâche de nous entamer de toute manière, isolément par des flatteries qui dénigrent nos amis, en masse par des mitrailles d'injures et de bêtises. Sachons résister au miel et au vitriol. Nous sommes en plein combat '. » On se contenta donc de lectures à domicile : cétait tantôt chez le beau-père de Hugo, à THôtel des Conseils de guerre, rue du Cherche-Midi, tantôt chez Vigny, rue de Miromesnil, puis, 6, rue des Écuriesd'Artois, tantôt encore chez les frères Deschamps; il n'y eut d'abord que des amis, puis vinrent des confrères toujours plus nombreux, enfin accoururent de véritables cohortes de partisans : c'était « l'admiration mutuelle organisée en bataillons volants ». Un transfuge romantique qui ne fut pas des moins exaltés en son temps, Henri de Latouche-, se moque assez agréablement, sa cure opérée, de « ces poètes qui s'en vont en tout lieu escortés de leur public privé, qui fournissent en ville l'ouvrage et le parterre, qui ne hasarderaient pas la récitation d'une ballade, la bagatelle d'une élégie,' sans s'être assuré de leurs compères, sans avoir flanqué leur fauteuil de superlatifs à leur dévotion, espèce de basse obligée qui ronfle d'hémistiche en hémistiche, mélopée de flagorneries domestiques à laquelle ils ont dressé leur langue par une sorte d'enseignement mutuel. » Edouard Turquéty n'est pas moins amusant, lorsque, dégrisé, lui aussi, il nous raconte la mémorable soirée de Marion Delorme. « Toute l'école romantique

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