‹ Alfred de Vigny, sa vie et son œuvreChapitre 38 sur 199 · Correspondance de Victor Hugo, I · texte numérisé non relu

Correspondance de Victor Hugo, I

rOdéon le 25 juin 1831, dut aux talents unis de Frederick Lemaître et de M"*' Georges un succès qui, assez franc d'abord, ne se soutint pas longtemps. L'audacieuse et spirituelle petite comédie. Quitte pour la Peur, reçut à l'Opéra, le 30 mai 1833, l'accueil bienveillant d'un public d'élite, mais un accueil sans lendemain. Incontestablement Victor Hugo, avec Marion Delorme, Hernani, Lucrèce Borgia (1833) et Marie Tudor (1838), allait rester le maître incontesté de la scène romantique, lorsque soudain, le 12 février 1835, Chatterton obtint à la Comédie-Française, grâce en partie au génial concours de Marie Dorval, un triomphe égal à celui d'Hernani, moins factice toutefois et moins bruyant, plus sincère, tout mouillé de larmes : « Où étiez-vous, mon ami? où étiez-vous? écrit l'auteur à Brizeux. Quand Auguste Barbier, Berlioz, Antoni et tous mes bons et fidèles amis me serraient sur leur poitrine en pleurant, où étiez-vous?... Je leur avais fait la surprise de ce drame; personne n'en avait rien entendu ^ » Même émotion chez George Sand : « J'en suis sortie en larmes, dit-elle, sans vouloir en dire un mot à personne parce que je ne pouvais pas parler... Il n'y a que de nobles cœurs et des esprits d'une grande élévation qui puissent produire de telles choses. » « Son beau triomphe, avoue Sainte-Beuve, fut la soirée de Chatterton où, après quatre ans d'efforts silencieux et pénibles, Vigny força la foule assemblée, les salons, les critiques eux-mêmes à applaudir et à frémir au spectacle déchirant d'une douleur que la plupart méconnaissent ou enveniment. » Tel était,

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