Journal, 277; Correspondance
dès le 10 décembre de la même année renouveler plusieurs autres sans interruption pour affaires de famille ou raisons de santé jusqu'en avril 1827, époque de sa mise en réforme '. Les loisirs ne manquèrent donc pas plus à Vigny pour rédiger que pour préparer sa plus longue œuvre. Il suffit de la parcourir pour s'en rendre compte : cette minutieuse reconstitution historique doublée d'une rigoureuse thèse politique ne pouvait pas être et ne fut pas en fait une improvisation; le style châtié, à lui seul, le prouve assez.
La mode était alors au roman historique; sans quitter le pays de sa femme, le mari de Lydia Bunbury n'eut, pour s'y conformer, qu'à passer de l'influence de Byron à celle de Walter Scott; il venait justement, vers la fin de 1826, de faire à Paris la connaissance du fameux romancier. L'imitation tout extérieure de ce nouveau modèle ne troubla nullement, du reste, l'originalité intellectuelle de Vigny. A l'encontre du superficiel auteur des Waverley novels si remarquablement dénué d'idées, l'auteur de Cinq-Mars a, comme toujours, une pensée maîtresse qui le dirige et qui l'inspire; c'est l'âme même de son œuvre. Sans doute, cette idée première vint à Vigny de son milieu social ; mais il l'adopta si jeune, la caressa si longuement, et la présenta ici comme ailleurs avec tant de ferveur qu'on peut dire qu'il la fit pleinement sienne. Cette idée, c'est l'importance sociale de la noblesse ^; Cinq-Mars est un