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2. Ibid., 2.32, 2i4, 240, 241. « On croirait, dit Vigny dans la Préface de Chalterton (4), à vous voir en faire un si bon marché, que c'est une chose commune qu'un Poète. Songez donc que, lorsqu'une nation en a deux en dix siècles, elle se trouve heureuse et s'enorgueillit. 11 y a tel peuple qui n'en a pas un. et n'en aura jamais. » « Les plus intelligents » des hommes apparliennent « à cette race exquise et puissante qui fut celle des grands hommes inspirés » (4, 0).
Julien que le plan d'une bataille. » « Le don le plus précieux, c'est le plus rare*. » Vrai Moïse en tous temps et en tous lieux, « le Poète cherche aux étoiles quelle route nous montre le doigt du Seigneur ». Ici-bas, en nos conflits terrestres, « il met un doigt sur la balance et l'emporte. Tantôt il presse, tantôt il arrête lesprit des nations; il inspire les actions publiques et proteste contre elles, selon qu'il lui est révélé de le faire par la conscience qu'il a de l'avenir. Il dit le mot qu'il faut dire, et la lumière se fait. II dit ce mot de loin en loin, et tandis que le mot fait son bruit, il rentre dans son silencieux travail et ne pense plus à ce quil a fait. - » « Suivez donc votre vocation », jeunes poètes, « heureux si vos veilles peuvent aider Fhumanité à se grouper et s'unir autour d'une clarté plus pure ». Car le premier des devoirs, c'est de « suivre les conditions de son être ^ » ; c'est de savoir, « seul et libre, accomplir sa mission ».
Mais cette mission sacrée, comment le poète
1. StcUo, 240, 2i\. Journal, 100. Pour Stello, la politique se réduit ou a. peu près à l'art « de manier dos idiots et des circonstances » (240). « L'imagination avec ses Elus, dit-il encore, est aussi supérieure au Jugement seul avec ses Orateurs que les dieux de rOlympe aux demi-dieux. ■• « Le poète, ajoute-t-il ailleurs (8, 5), apùtre de la vérité toujours jeune, cause un éternel ombrage à l'homme de Pouvoir, apùtre d'une vieille fiction, parce que l'un a l'inspiration et l'autre seulement l'attention ou l'aptitude d'esprit» (245). Pour Vigny la haine de l'homme politique devient à la longue une véritable phobie, assez justifiée d'ailleurs par tous les bas exploits de certaine démagogie. Cf. p. 337, note 1.