‹ Alfred de Vigny, sa vie et son œuvreChapitre 65 sur 199 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

sauce, une défaite. « Le système entier, dit-il, sera mieux expliqué par des œuvres que par des théories. » Mais, ajoute-t-il aussitôt : « Une nouvelle œuvre prouverait seulement que j'ai inventé une tragédie bonne ou mauvaise, les contestations s'élèveraient infailliblement pour savoir si elle est un exemple satisfaisant du système à établir' ». Prenons donc un chef-d'œuvre étranger qui soit à la fois « consacré par plusieurs siècles » et conforme au « système convenable à notre époque », un chef-d'œuvre du « grand Shakespeare - » ; et, s'il réussit sur la scène française, la démonstration est faite. Cette démonstration venait, à vrai dire, d'être à moitié faite : les acteurs anglais Charles Kemble et Miss Smithson eurent en septembre 1827 un tel succès à l'Odéon, surtout dans Roméo et Hamlel, que Kean et Macready vinrent également les deux années suivantes. Aussi Vigny, de concert avec Emile Deschamps, s'avisa-t-il dès 1827 de traduire Bornéo et Juliette ^\ mais cette traduction, quoique bien accueillie à la Comédie- Française, ne put être jouée. Nullement découragé, Vigny l'année suivante resserre en trois actes le Marchand de Venise qu'il baptise Shylock; même insuccès : « des obstacles de censure et de rivalité

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