‹ Alfred de Vigny, sa vie et son œuvreChapitre 68 sur 199 · IbicL · texte numérisé non relu

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blir en français. Il fallait pour les traduire détendre le vers alexandrin jusqu'à la négligence la plus familière, puis le remonter jusqu'au lyrisme le plus haut ; c'est ce que j'ai tenté. » « Écoutez ce soir, ajoute-t-il, le langage que je pense devoir être celui de la tragédie moderne; dans lequel chaque personnage parlera selon son caractère, et, dans l'art comme dans la vie, passera de la simplicité habituelle à l'exaltation passionnée ; du ?'ccitatifa\i chant K » Pour obtenir cet assouplissement du vers, Vigny a naturellement recours à deux moyens : fréquente suppression de l'hémistiche, fréquent usage de l'enjambement. Plus hardi que Hugo, il abuse môme de ce double procédé jusqu'à verser dans la prose rimée; « plus ami de l'enjambement qui allonge que de l'inversion qui embrouille », il se débarrasse tant bien que mal des formes les plus surannées du style pseudoclassique : périphrases et autres tropes par trop poncifs. Il en garde pourlant, il en garde même tellement qu'en dépit d'une plus grande liberté d'allure, son vers dramatique a encore une classique solennité

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