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devait, au dire des réformateurs dramatiques^ renouveler le drame; or, l'auteur de Cinq-Mars, tout comme ceux de Cromivell et de Henri III, la traite sur la scène avec la même désinvolture qu'en ses romans : il la sacrifie comme le dernier des classiques à son idéal poétique. Sans doute, cet idéal romantique est le contraire de l'idéal classique : alors que la tragédie, en son excès d'idéalisme solennel, ne voyait guère l'histoire qu'en beau, le drame, en son excès de réalisme brutal, ne voit guère l'histoire qu'en laid; qu'y gagne le théâtre? Oublieux de ses aspirations patriotiques, il ne découvre en nos annales nationales que hontes, crimes et désastres : bel avantage 1 Une même outrance mélodramatique avilit chez Vigny la minorité de Louis XIII comme naguère le déclin du règne; elle en fausse l'esprit; elle en dénature les faits; elle en défigure les personnages; la noblesse en pâtit ici tout comme ailleurs la royauté. En vain Vigny,, à lexemple de ses rivaux, pousse jusqu'à la minutie le souci des détails visibles : costumes et coutumes, mœurs et attitudes; tout ce luxe de réalités matérielles, loin d'atténuer le mal, ne fait que mieux mettre en évidence la pauvreté, comme la fausseté, du fond idéal que revêt l'histoire.
Une sorte d'idéalisme propre à Vigny persiste pourtant jusque sous le faux réalisme de ce théâtre romantique et le caractérise. « Si l'art est une fable, dit-il, il doit être une fable philosophique'. » Une idée morale d'expiation domine la Maréciiale d'Ancre, y asservissant lart et Thistoire. « Pour la faire voir à tous les yeux, dit Vigny, j'ai ramené au même