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« Les drames, dil le romantique assagi, tendent à présent à faire de l'intérêt et des rencontres surprenantes en inventant des rapports accumulés, inimaginables '. » Qu'importe si des rivaux y réussissent? Vigny affecte, désormais, « peu d'estime pour une pièce qui réussit- ». « Je crois surtout, dit-il, à l'avenir et au besoin universel de choses sérieuses; maintenant que l'amusement des yeux par des surprises enfantines fait sourire tout le monde au milieu même de ses grandes aventures, c'est, ce me semble, le temps du Drame de la Pensée ^ » « Essayons donc de tirer la scène du dédain où sa futilité l'ensevelirait infailliblement en peu de temps. Les hommes sérieux et les familles honorables qui s'en éloignent pourront revenir à cette tribune et à cette chaire, si Ton y trouve des pensées et des sentiments dignes de graves réflexions '*. » « Agiter une question sociale », « faire sortir quelques vérités morales^ », voilà le but du prophète renaissant : Vigny n'a pas plus tôt acquis l'expérience des procédés scéniques que, fidèle à sa nature idéaliste, il s'en fait un moyen de propagande sociale.
En cette nouvelle phase de sa mission soi-disant divine, Vigny apporte toute la ferveur sacerdotale d'un élu du Seigneur : comme Moïse, il sent qu'il a charge d'âmes; il en souffre, mais en est fier. « Il y a, dit-il. quelque chose de grand, de grave et de presque religieux dans cette alliance contractée