‹ Alfred de Vigny, sa vie et son œuvreChapitre 97 sur 199 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Que faire? Supprimer Tarmée? Si chimérique qu'il soit d'ordinaire, notre utopiste ne croit pas, sinon à la possibilité future, du moins à l'opportunité présente d'une si aventureuse entreprise. Sans doute, ancien soldat, il sait mieux que personne « de combien d'assassinats se compose une grande bataille »; sans doute, philanthrope mystique, il nie moins que personne que « la guerre est maudite de Dieu et des hommes même qui la font » ; sans doute, observateur attentif, il constate avec tout le monde que les mœurs, la diplomatie, la science paralysent quelque peu ce « jeu féroce » de la guerre *. Oui, assure-t-il, vaguement prophète, « les armes de la guerre n'auront qu'un temps » ; mais, le millénium où « régnerait sur la terre l'impraticable paix de l'abbé de Saint-Pierre », où « le globe ne portera plus qu'une nation unanime », n'étant pas encore venu, force nous est, « en attendant cet accomplissement bien lent », de nous accommoder des maux présents : « haïr la guerre tout en la faisant énergiquement », ou, du moins, apporter tous les palliatifs opportuns. « Je crois peu aux bienfaits des subites organisations, lui dit le bon sens; mais je conçois ceux des améliorations successives. » <' Ce vœu, lui suggère même son habituelle complaisance, aura reçu de moi sa forme et les difficultés en seront peut-être diminuées-. »

Quel est donc, au gré de notre idéaliste réformateur, le remède le plus urgent? c'est de rendre à l'armée désemparée cette âme qu'elle cherche si

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