‹ Alfred de Vigny, sa vie et son œuvreChapitre 98 sur 199 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

péniblement : car cette âme n'est point raoïle, elle n'est qu'égarée. Cette âme, c'est « l'abnégation complète de soi * ».

En temps de guerre, « le combat étant la vie de l'armée », deux mobiles soutiennent le soldat dans l'héroïque accomplissement du devoir. L'un, c'est « l'amour du danger, sorte de combat corps à corps contre la destinée dans l'attente continuelle et indifférente de la mort, lutte qui est la source de mille voluptés inconnues au reste des hommes et dont les triomphes intérieurs sont remplis de magnificence- ». L'autre, c'est l'amour de la gloire; mais cette ambition, égoïste en son fond, est trop souvent le principe d'actions mauvaises : car « l'admiration est corrompue et corruptrice ». « Les plus illustres sacrifices ont quelque chose en eux qui prétend à l'illustration^. » Et puis, en pays latin surtout, l'ambition militaire mène trop facilement au « séidisme », « mal contagieux », qui provient à la fois « d'un grand besoin d'action et d'une grande paresse de réflexion ». Or, « l'admiration d'un chef militaire, dit notre détracteur de Napoléon, devient une passion, un fanatisme, une frénésie, qui font de nous des esclaves, des furieux, des aveugles '* ». Il faut « se dévouer à un principe plutôt qu'à un homme; »

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