Ibid
4. « L'homme est si faible, dit le Journal de 1829, que lorsqu'un de ses semblables se présente, disant : « Je peux tout », comme Bonaparte, ou : « Je sais tout », comme Mahomet, il est vainqueur et a déjà à moitié réussi. De la, le succès de tant d'aventuriers. » >' Bonaparte, dit-il ailleurs (87), c'est l'homme; Napoléon, c'est le rûle. Le premier a une redingote et un chapeau; le second, une couronne de lauriers et une toae. »
« c'est folie de se dévouer à un homme, puisque l'autorité despotique ne peut manquer de rendre mauvais nos faibles cœurs. » En tout cas, « la guerre console par son éclat des peines inouïes que la léthargie de la paix cause aux esclaves de Tarmée » ; mais « ce n'est pas dans les combats que sont les plus pures grandeurs ' ».
En temps de paix, à défaut de ces deux mobiles, que reste-t-il au soldat? Assurément, « il est à souhaiter que des limites immuables soient posées une fois pour toujours à ces ordres absolus donnés aux armées par le souverain Pouvoir, si souvent tombé en d'indignes mains, qu'il ne feoit jamais possible à quelques aventuriers parvenus à la dictature de transformer en assassins quatre cent mille hommes d'honneur par une loi d'un jour comme leur règne ». Mais, tant qu'une loi n'aura pas « mis d'accord le Devoir et la Conscience », à supposer que pareille loi soit possible, tant que « la délibération ne sera pas permise à l'homme armé «, il ne restera rien au soldat dépouillé de tout libre arbitre que l'abnégation plus stricte et plus ingrate, parfois plus cruelle que jamais, rien que, « l'homme s'effaçant sous le soldat », « la renonciation à ses actions, à ses paroles, à ses désirs et presque à ses pensées », rien que « l'obéissance passive recevant l'ordre et l'exécutant, frappant, les yeux fermés, comme le Destin antique », rien que « ces sacrifices modestes, silencieux, sombres, sans espoir de nulle couronne humaine ou divine », rien que ces longues et muettes résignations de toute une vie en des fonctions non