LE84A7BIL
A mon ami !• R. P. Qohltt
Aux oonfins d'un hameau tranquille du bas Maine^ Sous le long toit paillé de riches paysans, ITaissait^ à même jour, voici trente-trois ans, IJn garçon dru de corps, qui crie et se démène.
Alors Faieul, un ** vieux '' de la guerre des Chouans, Se découvre, et content de ce fils qu'on amène, Dit : "Quel souffle I'' en baisant le doux éniergumèn»;... " C'est un futur prêcheur que nous avons céanS I . . . ''
84 POÉSTBS.
La Terre aux genêts d'or est la terre aux prophètes. Grand père, les discours qu'en riant vous leur faîtes. Pour votre gloire à touB, se réalifleront ;
Et Tenfantine voix dont l'éclat vous enchante. Un jour, s'élèvera, hardie et triomphante, Dans les temples sacrés, comme un cri de clairon !
DEVX CBOaïïIB
Je cherchais^. à l'aurore^ une fleur peu counue^ Pâlie fille des bois «t de secrets ruisseaux. Des sources de cristal aux murmurantes eaux Enchaînèrent mes pas et surprirent ma vue.
fraîche casoatelle ! En légers écheveaux.
Son oûde s^ffilait, blanche, à la roche nue.
Puis, sous un rayon d'or un moment retenue.
Elle riait au ciel entre ses bruns roseaux !
30 FOÉflZBS.
Et comme j'inclinais quelques tiges mutines.
Sans bruit, Toreillie ouverte aux rumeurs argentines.
Pareilles aux soupirs d'un luth mystérieux.
Soudain, glissant vers moi sur son aile inquiète A travers les rameaux, doux et penchant sa tête. Un rossignol vint boire au flot harmonieux.
iONinrra. 37
Le rêveur^ comme moi sous la forêt profonde^ Marche seul dans la foule en rouvrant de la main. Que cherche-t-il dans Fombre éparse en son chemin ? Est-ce nn rêve inconnu^ fleur solitaire et blonde ?
Une autre illusion plu« douce au cœur humain ? Est-oe un baume nouveau dont te parfum Tinonde ? Ce vulnéraire sûr^ cet idéal qu'au monde Lee âmes vont cherchant^ hélas ! toujours en vain ?
38 woÉÊttMa.
Vous êtes ce rêveur i la tête naïve,
Maître... Mais tout chant pur ou toute voix plaintive
Captive votre cœur et ramène vos pas. . .
Et toi, comme Poiseau de la source cachée.
T'enivres-tu dans l'ombre à quelque âme épanchée, barde, ô mon ami, que tu ne chantes pas ?