‹ Alfred Garneau. PoésiesChapitre 9 sur 33 · N1TET · texte numérisé non relu

N1TET

VENT Sïï CIEL

Pâle, elle cria : "Jean V' du seuil de la chaumière. Lui chantait dans les ors lourds des épis penchants. Midi de son haleine assoupissait les champs ; Un nuage, au lointain, montait dans la lumière, —

TJn grand nuage trouble aux murmures méchants. . .

Jean le Vieux entend-il sa femme, la fermière ?

"Ah! Jean!" — Les sombres feux qu^elle a vus la première

Frappent ses yeux enfin, il a cessé les chants.

La faucille à son poing tombe, car la nuée Accourt — enfer de flamme à peine atténuée. . . — "Est-ce, Dieu, la ruine? ô Père, épargne-nous T

Et le vent se déchaîne en fureur, et la grêle Fouette et vanne les blés autour de l'homme frêle Tombé sur ses genoux.

soinrxTt. 81

ucno

L'Astre pour vous fêter fait ôon coucher plus lon^, doux faiseurs de nids qu'Octobre mit en fuite ; De nouveau vous prenez terre dans ce vallon Où votre gai retour sur tous les toits s'ébruite.

Hélas ! une de vos logettes est détruite ; Mie tomba du mur au temps de Taquilon.

Quel jeune amour l'avait avec l'aile construite Si frêle, si légère, au bord du vieux moellon ? . . .

poÉnas.

Une enfant aux grands yeux que la lumière azuré S'appuie à la fenêtre en la pauvre masure ; Mourante, à votre joie elle sourit encor.

Bebâtiseez le nid que son regard demande ; Son pâle doigt vers vous laisse, dernière offrande. Dans les feux vifs du soir monter un cheveu d'or.

flOKNBTS. 8S

Page 1