A MA SŒUR
A KA 8<XT7X. 07
AKA SŒUB *
Pourquoi le cJel met-il mM jtmn al loin de* TMrea f
Victor Hugo.
ma sœur, chaque jour mon âme te désire; Au fond de ma pensée en tous lieux je te vois. — L'enfant au baiser- pur, Tépouse au doux sourire, Ne font pas oublier les anges d'autrefois.
* Mme Joseph Mannette.
98 poÂsnEH.
Hélas ! nos jours troublés ne coulent plus ensemble : Les miens sont emportés vers un but indécis.
Mais, comme un frais rayon plonge dans Peau qui tremble. Ton souvenir charmant traverse mes soucis.
De tes plus jeunes ans je garde souvenance.
J'avais, quand tu naquis, vu sept nrintemps fleurir: Enfant, je fai montré les plaisirs de Tenfance, Et quels êtres bénis il nous fallait chérir.
Tu grandis : la raison à ton front déjà pâle Alors donna sa grave et calme expression. . . Ah ! trop tôt la douleur sur ce beau front d'opale Cruellement dev^iit labourer son sillon !
A ICA SOBUB. 99
Une sœur est un don du ciel comme l'épouse ;
Dieu les met dans nos jours pour qu'ils nous eoient plus doux.
L'une de consoler les peines est jalouse.
L'autre est Fange d'amour qu^on adore à genoux.
Toi, toi, dans ton cœur d'or, ma sœur, la première, Tu reçus de mon cœur les confiants aveux.
Et parfois tu voulus, colombe-messagère.
Porter mes chers secrets, mes soupirs et mes vœux.
doux ressouvenir d'anciens jours pleins de charmet ! Pleins de charmes pour moi, car ta jeune âme encor, Bedoutant de Tamour et Fivresse et les larmes, Dans un monde inconnu n'osait prendre l'essor. . .
100 FOÉ8IBB.
Mais tombe, tombe, Oubli, sur ces scènes heureuses ! Le passé ne peut plus me sourire à présent.
La Mort, qui se repaît de larmes douloureuses, A dana les pleurs noyé mon cœur en le brisant.
Oui, la Mort, la Mort sourde, aveugle, sans entrailles, Un jour, heurtant le seuil, s'écria : Me voilà ! Et, jetant tout à coup sa grêle ombre aux murailles. Fit fuir notre bonheur, fidèle jusque-là.
Hélas ! nous entourions à genoux notre père ; Ses yeux près de s'éteindre à ses côtés cherchaient. Sans rien voir ils cherchaient, toi, sans doute, ma mèie. Et nous, ses quatre enfants ; isea lèvres remuaient.
Pour mieux rasséréner sa paisible agonie^ On faisait à voix haute une prière à Dieu.
C^était une suprême et lente litanie. . .
Soudain un grand sanglot la rompit au milieu.
Au bruit des tristes pleurs et des saintes paroles La chère âme défit ses liens doucement . . .
Ah ! là-haut les martyrs, aux vives auréoles, Ont conduit cette sœur au Christ, le Dieu clément.
Maintenant la tristesse est dans nos deux demeures. Si du moins nous avions pour nous tous un seul toit ! Si je pouvais sécher tes larmes quand tu pleures ! Si tu pouvais encor me presser contre toi !
Tu dis : " Seules, ainsi, nos jours sont bien arides. " Mais béni soit le ciel qui nous veut séparer ! '' A tout foyer sans doute il est des places vides ; ^^ Chacun a ses absents et ses morts à pleurer. . . '
—^ Oui, ma sœur, une. peine est de peineis suivie. Comme un flot par des flots, c'est la loi d^ici-bas ; Oui, tôt ou tard, le sort, désenchantant la vie. Sème tombes, débris et ronces sous nos pas.
A ICA flCBTJB. 103
Pourtant, si vous vouliez, ô ma sœur, ô ma mère. Dans Pomhre où nous pleurons les rayons renaîtraient ; Même au flot débordant de notre coupe amèrc Quelques gouttes de baume aussi se mêleraient.
A vous, à moi, Tabsenoe allonge les semaines ; Vous gémissez, mon cœur soupire incessamment Mille inquiets pensers ajoutent à vos peines, Je «sens partout le deuil de votre éloignement.
Eh bien ! mettons un terme à ce long ennui sombre ; Venez à mon foyer vous asseoir toutes deux.
Des anges du logis vous doublerez le nombre ; Et nous redeviendrons ensemble presque heureux.
IM
Le liseron ehaimant suspend ainsi ses branches Quelquefois an-âessns d'nn vieux senil sans beauté^ Et, le conTTant sondain de ses larges flenrs blanches, L'embellit pour le don de l'hospitalité.