TABLEAUTIN
Ecartant les longs plis de soie à la fenêtre^ Ton courroux qui sourit relève son regard.
Quel ravissant tableau ce beau soir verrait naître Si d*un Watteau j'avais et les couleurs et l'art I
Un rayon éperdu de vermeille lumière Embrase une fleur pâle au bord de tes cheveux. . . Je peindrais un Amour qui t'implore, en arrière, Dans les pleurs et tenant son poing rose à ses yeux.
où VOLTIGE MIEUX TOUS LES ANS. 100
OÙ voltige mieux tous les ans Le Plaisir parmi les quadrilles ?
Est-ce aux bals blancs des jeunes filles?
Est-ce aux bals roses des mamans?
prime jeunesse, on admire Sur tes lèvres, fleurs de beauté, Les ailes du rire enchanté. . .
Ton âge ne sait pas sourire. . .
110 POÉ8I1B6.
Un sourire vague et troublant, C'est le triomphe de Joeonde.
Il part d'une âme plus profonde, Il vient avec un vol plus lent.
Mais laquelle est la plus divine Et prend mieux empire sur nous.
De la jeune fille à Fœil doux, De la femme à la grâce fine ?
L'une, sentant que son cœur bat.
Presse, pâle comme à l'église, La gaze qui l'idéaJiBe Sur son sein frais et délicat.
où VOLTIGE MISUX TOU8 LES ANS. 111
L'autre aussi, dans toute la gloire D'un beau corps à peine paré.
N'a qu'un fil de corail pourpré Sur son cou plus blanc que l'ivoire.
Chez toi, l'autre nuit, sous les flots De lumière inondant les salles.
Qui l'emportait de ces rivales ?
Le débat n'est pas encore clos.
Mais l'on disait, entre autres choses, Que ce grand bal étinoelant Joignit le charme d'un bal blanc A tout l'attrait des fêtes roses.
COICME UN ENTANT Qtn TIENT UNE ARME. 113
Gomin« un enfant qui tient une anne.
Ploie et se joue en pâlissant.
Tu souris, mais ton |ront s'alarme Et ta voix défaille en lisant.
Le beau n'est pas là. NuUe larme N^apparaît dans ton œil ému.
Comme un enfant qui porte une. arme.
Tu ris. — Mais pourquoi trembles-tu ?
A WRIQHT'S QROVE
A wbiqht'b qbûye. 117
A WRIGHTS GROVE
Sur les bords de U riyière Rideau.
LA BIVIEBE
C^est une forte berge, au large flanc de glaise, Âhruptement taillée ainsi qu'une falaise !
Le Bideau passe au ba», riant sous son flot noir. D'ici, le long desj eaux je puis apercevoir Les roseaux alignés comme une palissade.
Où crie, à pointe d'aube, un grand héron maussade. Etroite, la rivière a du moins son attrait D'onde mouvante, avec, entrant sous la f orêt^ Tous ses enfoncements, pareils à des alcôves. Qu'achèvent de fleurir, au bord, les glaïeuls mauves.
L'on a pour horizon des1>lés, point de lointain Que le ciel, et dans l'eau son mirage incertain.
118 VOÉBIM.