‹ Alfred Garneau. PoésiesChapitre 5 sur 33 · A MES AMIS · texte numérisé non relu

A MES AMIS

Et les fleurs sans nombre : les unes Eougissant l'herbe des vallons ; D'autres jonchant les mares brunes, Ou les ruisseaux^ de blancs flocons;

Celles dont le feu des étoiles, La rosée, un souffle moelleux, Peuvent la nuit ouvrir les voiles, Pleins alors d'un parfum mielleux.

Et la fleur que j'ai rencontrée

Dans nos monts: beau lotus changeant,

Clos, c'est une boule dorée,

Ouvert, une rose d'argent. . .

Ainsi, souverain virtuose.

Enivrant Tâme de chacun De quelque merveilleuse chose :

Forme, son, couleur ou parfum.

De la nature gracieuse Célébrant par un chant nouveau La théorie harmonieuse.

Je vous dirais l'hymne du Beau.

Mais, pardon, pardon, ce vain rêve, Amis, m'a fait tout oublier.

Comme une hirondelle de grève, Ma pensée est prompte à jouer.

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