‹ Alfred Garneau. PoésiesChapitre 6 sur 33 · MES AMIS · texte numérisé non relu

MES AMIS

Ah ! pourquoi dans mes doigts la lyre Est-elle sans vibration ?

Et ma lèvre, où le souffle expire, Pourquoi ne rend-elle aucun son î

Pourquoi sur sa rive infinie La mer, qui pourtant sent frémir En elle une étrange harmonie»

Ne sait-elle encor que gémir ?

Pourquoi Tenfant qui balbutie Vers Farchet d^or tend-il les bras ?

Sa langue à peine se délie, Il gazouille, il ne chante pas ;

Seigneur — puisa ue mon âme est telle - Si quelque luth vient à vibrer, Pourquoi se passionne-t-elle ?

Et le chant me fait-il pleurer ?

En vain je brise à ma pensée Les ailes, sitôt que le vent Soupire, la pauvre blessée Volète et crie en s^élevant.

Elle fuit alors loin de terre.

Triste, de soleils en soleils.

Et baigne sa blessure amère A tous ces océans vermeils.

A MBS Aias. 13

La fière hirondelle qui pose Son nid aux murs de nos maisons.

Est comme elle, souvent elle ose Courir aussi dans les rayons.

On s'écrie : " la voyageuse " Et Ton aime à la regarder Fendre Pair d'une aile joyeuse.

Lui demande-t-on de chanter ?

Amis, je suis cette hirondelle Qui s'est attachée à vos toits :

Voyez, je voltige, j'ai l'aile ; Mais, hélas je n'ai pas la voix.

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