MES AMIS
Ah ! pourquoi dans mes doigts la lyre Est-elle sans vibration ?
Et ma lèvre, où le souffle expire, Pourquoi ne rend-elle aucun son î
Pourquoi sur sa rive infinie La mer, qui pourtant sent frémir En elle une étrange harmonie»
Ne sait-elle encor que gémir ?
Pourquoi Tenfant qui balbutie Vers Farchet d^or tend-il les bras ?
Sa langue à peine se délie, Il gazouille, il ne chante pas ;
Seigneur — puisa ue mon âme est telle - Si quelque luth vient à vibrer, Pourquoi se passionne-t-elle ?
Et le chant me fait-il pleurer ?
En vain je brise à ma pensée Les ailes, sitôt que le vent Soupire, la pauvre blessée Volète et crie en s^élevant.
Elle fuit alors loin de terre.
Triste, de soleils en soleils.
Et baigne sa blessure amère A tous ces océans vermeils.
A MBS Aias. 13
La fière hirondelle qui pose Son nid aux murs de nos maisons.
Est comme elle, souvent elle ose Courir aussi dans les rayons.
On s'écrie : " la voyageuse " Et Ton aime à la regarder Fendre Pair d'une aile joyeuse.
Lui demande-t-on de chanter ?
Amis, je suis cette hirondelle Qui s'est attachée à vos toits :
Voyez, je voltige, j'ai l'aile ; Mais, hélas je n'ai pas la voix.