CHAPITRE IV
LE POÈME DES CHAIRS NUES LA LIGNE ET LA FORME, ÉTERNELS CLAVIERS DE LA BEAUTÉ LE DESSIN ET SON ENCHANTEMENT
£ veux faire une place à part, dans l’œuvre de Roll, aux dessins qu'il exécute, non en vue d’un tableau, ou comme étude à une composition cherchée, comme documentation vécue à une conception encore indéfinie, mais aux dessins qu'il fait pour le seul plaisir de dessiner, comme un virtuose qui, après la lecture d’un concerto, se distrait et se repose en des recherches de difficulté ou de charme; et ces dessins, il se trouve qu'on se les dispute, et qu'on les garde comme des
pages de palpitation intime, des pages d’allégresse improvisée, des pages
où le dilettante délicat qu'est Roll a inserit des minutes de son âme. de sa sensibilité, de son émotivité heureuse de se communiquer.
Il faut bien avouer que le dessin garde en soi une séduction toute spéciale; il se revêt, pour l'artiste contraint à peindre de vastes surfaces, d’une sorte d'intimité où l'œil qui voit et observe, et la main qui cherche et obéit, ont des babillages spontanés; il en résulte de délicieuses sensations et d’heureuses surprises. l'engouement dont nous faisons preuve à l'endroit des dessins des maîtres du xvin‘ siècle a là
sa justification, bien mieux que
dans un caprice de la mode,
car on sait que la mode n’est qu'une exaspération déraisonnable d’un principe, dont la genèse s'explique toujours par un acte de parfaite
raison.
Les dessins de Roll que
nulle ex-
ÉTUDE
ÉTUDE
position française ne nous a encore permis d'admirer dans leur ensemble, une exposition de l’œuvre du maître organisée à Zurich, en 1895, les a révélés au public; et le publie, ainsi que l’enseignement surent y puiser des éléments d'une beauté rare, parce que Roll, dans ces feuillets épars, a mis une extraordinaire
intensité de signification — ce à
quoi son art aspire depuistrenteans,