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TERRASSIER, ÉTUDE POUP) LE CHANTIER

—— a PSE

mais de s'interroger devant la nature et d'exiger de sa propre sincérité une notation chromatique qui répondit à ses sensations. Il s’en fut bien prendre des conseils chez Harpignies; il s’en fut à l'atelier Gérome, à

l’école des Beaux-Arts, où il ne fit

que passer; il: alla même chez

Bonnat pour parfaire sa technique car, en art, comme en toutes choses il y a une technique qui

‘ammaire et

ne se devine pas,une g une syntaxe qui s'apprennent —; mais il n'est pas besoin d'affirmer que nul enseignement ne pesa sur son tempérament d'artiste, nulle pédagogie ne modifia sa façon de

voir et de sentir; tel il était aux

ÉTUDE

heures du début, tel on le retrouve : Î

trente ans après, ayant seulement pro-

gressé dans le sillon qu'il s'était tracé.

Il a, d’ailleurs, trop fermement l’amour du plein air, de la lumière,

de l’espace jouant autour des formes, qu'il s'agisse d'êtres vivants ou de

choses inanimées, pour ne pas aimer également le paysage. Le besoin Ê $ sas

Apparlient à M. Siol-Decauville,

de contemplation lui a ouvert les yeux sur les naturelles harmonies, et s’il a, dans son œuvre, donné une part à la méditation que lui inspire l'humanité, il est allé souvent retremper son âme angoissée au spectacle de la terre et de l’océan, forces éternelles, dont le temps renou-

velle les aspects pour la plus

grande joie de celui qui sait s’y émouvoir.

C'est — il ne faut pas se lasser de le répéter — que la Nature nous offre toutes les circonstances infiniment mobiles de notre âme.

Nous puisons en elle, Elle, la compagnesilencieuse, la confidente de nos plus intimes détresses, et de nos joies les plus 7.

exubérantes, des

forces et des consolations; nous puisons l'exem-

ple et lespoir, la résignation et le courage. Elle est la suprême beauté, parce qu'elle est l'éternelle vivante, parce qu'elle participe du souffle qui nous anime, parce qu'elle nous guide, patiente et forte, de ses ressorts invisibles, dans notre lutte apparente, qui n'est qu'une évolution essentielle. « Le paysage, a dit Amiel, est un état d'âme » et je ne crois pas qu'un artiste, doué comme Roll de puissance psychologique, puisse se dérober au culte du paysage.

La nature aussi est un livre, mais un livre qu'il faut savoir feuilleter,

un livre qui réserve d’enchanteresses surprises à quiconque metdelabonne volonté à s’y appliquer; il suffit pour cela d'établir unrapportentre lemonde visible et invisible, le monde des sens qui percoivent, et le monde de l'intelligence qui comprend et qui voit. Et qu'on n’aille pas crier au spiritualisme et prétendre que c'est vouloir forcer l’art à rétrograder. Ce qui sera le plus grand mérite du réalisme, en art, c’est de nous avoir éveillé à des peintures spiritualistes, en nous courbant de plus près sur le domaine concret de la réalité. S'il en était autrement, la nature ne serait pour l’homme qu'un aspect apparent, auquel il n'aurait rien à comprendre; l’homme ne serait lui-même qu'un être errant, comme la brute, dans l'univers, dont les

beautés seraient pour lui

comme inexistantes, puisqu'il ignorerait la main éternelle et directrice

ALFRED

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