H. Klein, o. c., suite, p
3. Arch. G. À., art. 6, par. 4 (cart. 1, n° 9). État des propriétés séquestrées occupées par le service du casernement, 8 août 4838. — Jdem., n° 18. État général de consistance des immeubles composant le domaine militaire de la place d’Alger et dépendances au 30 juin 1854.
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cet espace, précieux pour la construction, ait été, dès le début de l’occupation, condamné à rester improductif ; il représentait en effet, du côté où la ville était naturellement appelée à s'étendre, la partie la moins déclive et la plus apte à la création d’une nouvelle cité ; on s’en aperçut dans la suite.
Cependant les rues françaises d'Alger se peuplaient peu à peu de maisons. En 1839, 319 arcades étaient déjà construites et l’on comptait 218 maisons européennes !. L’année suivante les rues Bab-Azoun et de la Marine étaient presque terminées : la rue Bab-el-Oued, très étroite et bordée de maisons indigènes particulièrement rebelles à la démolition, restait en retard sur les précédentes. La rue de Chartres était à peu près finie et la place entourée de constructions. Les principales artères avaient été pavées ?. La partie basse de la ville indigène tendait ainsi à disparaître, par suite des expropriations et des démolitions. La commission de voirie instituée le 6 juillet 1830 avait du premier coup condamné 90 immeubles, et l’année suivante 355. Beaucoup de propriétaires étaient absents ou portés comme inconnus. En mars 1837, on en
4. Tabl. de la sit., o. c., 1839, p. 90. 77 immeubles nouveaux s’élevaient dans les rues des Consuls, Philippe, Traversière, Duquesne, de Ja Révolution, d'Orléans. Notons que déjà 30 maisons européennes avaient été construites dans la haute ville.
2. Ce travail, indispensable pour une ville, avait été tardif et long ; on se heurtait sans cesse à l’éternel obstacle, la pénurie de crédits. On est surpris de voir qu’en 1837 la rue Bab-Azoun, la première percée, était à peine remblayée sur 100 mètres depuis la place du Gouvernement et n’était pas encore empierrée (Rapport de l’Intendant civil Bresson au Conseil d’administration, 4 nov. 1837. Arch. Nat. F80 809). À la même date, la place du Gouvernement n’était pas encore nivelée ; la maison de la Tour du Pin restait enfouie à 4 mètre au-dessous de niveau de la partie voisine, et toute une portion de la place était occupée par le dépôt de bois de l’administration militaire.
expropriait encore 161. Sept mosquées avaient disparu sous la pioche des démolisseurs !. Une immigration importante de Français et d'étrangers venus des pays méditerranéens, [taliens et Espagnols surtout, avait refoulé la population indigène des quartiers voisins de la mer. Les premiers arrivants durent se contenter des maisons mauresques, d’où leurs regards indiscrets, inspectant les terrasses ou plongeant dans les cours voisines, en rendaient le séjour insupportable aux Musulmans. « Le harem, écrit le Baron Baude, venu en août 1836, jadis impénétrable à tous les regards, a été transformé en auberge ? ». Peu à peu, au fur et à mesure que les habitations des Maures se vidaient, elles passaient entre les mains des Européens qui les louaient on les achetaient moyennant une rente perpétuelle souvent dérisoire. Bientôt ces maisons étaient défigurées pour être accommodées aux habitudes de leurs nouveaux occupants, ou bien elles cédaient la place à des constructions édifiées plus ou moins hâtivement, en vue de spéculations faciles sur les loyers. Depuis 1834, cette œuvre fut poursuivie avec ardeur. « Une poussière suffocante obscurcit les rues en construction », écrit le Baron Baude en 18365. Le choix de Bugeaud comme Gouverneur Général, en 1841, et l’annonce des expéditions qui devaient aboutir à l'occupation étendue et à la conquête définitive de l'Algérie, amenèrent un Crush » d’immigrants de toutes sortes, et une recrudescence de la construction 4. Alger allait être en effet, le lieu principal