Arch. D. F., cart. 8, 9 et
3. Idem., cart. 13. Mémoire sur le projet d'ensemble de l’enceinte en arrière du port et des rampes de la Marine arrêté en conférence le 13 fév. 1849, entre les services du Génie militaire, des Ponts et Chaussées, des Travaux hydrauliques et des Bâtiments civils.
4. Idem., cart. 18. Mémoire sur les projets pour 1861-62. Ce mémoire contient un historique de la question.
5. Idem., cart. 16. Mémoire sur les projets pour 1855-56. Le Ministre approuve le piojet définitif le 12 juin 1855.
6. C’est la date des documents les plus récents dont nous avons pu avoir communication dans les Archives du Ministère de la Guerre (Comité du Génie).
avait été nettement hostile à la construction d’un grand ouvrage de ce genre 1. « Alger, selon nous, écrivait-il en 1846, n’a pas plus besoin de citadelle que Paris ? ». Mais il partageait la méfiance de beaucoup d’autres, militaires et civils, à l’endroit des habitants cosmopolites d'Alger. « La citadelle (la Casbah) n’a besoin que d’être organisée contre les mouvements tumultueux d’une population nombreuse et un peu étrangère aux intérêts nationaux. » Son opinion prévalut ; car on se contenta de quelques aménagements aux abords extérieurs de l’ancien réduit des Turcs et d’un isolement de la ville un peu mieux marqué ?. Quant aux forts extérieurs du camp retranché, qui figuraient déjà au nombre de huit dans les plans de 1841, on n’en abandonna jamais le principe, on ne cessa de présenter à ce sujet des projets et des contre-
1. Cet officier de grande valeur était partisan des ouvrages extérieurs à Ja ville et surtout des forts détachés. Il avait préconisé dès 1837, dans ce sens, un système de défense qui aurait laissé le champ libre pour l’extension de la cité. Mais l’avis du général Vaillant prévalut sur le sien, et c’est malgré son opinion que l’on adopta la création d’une enceinte continue (Arch. D. F., cart., 10, mémoire sur les projets pour 1845. Apostille du DT des fortifications, 20 avril 1845).
2. Idem, cart. 11, mémoire sur les projets pour 1846. Apostille du Ct Supr du Génie, 25 juin 1846.
3. En 1873, le chef du Génie d’Alger, plaïidant pour la construction d’une importante citadelle, munie de batteries, invoquait entre autres arguments, celui-ci : « Dans une ville comme Alger, où sur 49.000 habitants il y a environ 15.000 étrangers, 10.000 indigènes, 8.000 naturalisés, et tout au plus 16.000 Français, ce serait se faire de dangereuses illusions que de compter sur le patriotisme de la population ; on a plutôt à craindre de sa part des tentatives de révolte ou même de trahison... La citadelle est nécessaire pour maîtriser la ville et donner au commandement militaire la possibilité de s’opposer à une reddition prématurée que l’ennemi chercherait à obtenir par le bombardement » (cart. 20. Mémoire sur les projets pour 1873-74, 19 avril 1873).
projets, mais 1l fallut attendre plus de 40 ans pour en voir réaliser la construction. Aussi bien la question intéressaitelle médiocrement la population de la ville, qui, dès 1840, n’avait plus rien à redouter pour sa sécurité, du moins de la part des Indigènes, et qui par ailleurs ne pouvait être gênée dans son expansion par l'établissement de ces ouvrages de défense.
On n’attendit pas, vu l’urgence, l’approbation de tous les projets pour entreprendre les travaux. En septembre 1841, on commença les fronts de Bab-el-Oued et de Bab-Azoun dans leurs parties élevées ; en 1842, on aborda celui du Sahel t. Dès 1845, la nouvelle enceinte, du côté de la terre, était terminée ?, grâce à la diligence apportée dans l’exécution et à l’abondante main d’œuvre fournie par l'immigration de nombreux ouvriers étrangers. Il ne restait plus qu’à construire les portes ; mais on discutait encore sur le nombre de ces ouvertures, et l’on ne savait pas si l’on en ménagerait une ou deux au Sud, dans la direction de Mustapha #. On s’arrêta fort heureusement à la deuxième solution, qui assurait de meilleures communications du côté où la ville se développait décidément, dans le sens et le long des principales routes de l’intérieur. En 1847 l’enceinte était achevée.
Entre temps, la question s'était posée de savoir si l’on conserverait les anciens remparts. S1 étrange que puisse paraître la chose, tous les militaires n’étaient pas d’accord sur ce point. Le chef du Génie d’Alger optait pour l’affirmative {