‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 137 sur 465 · E. Fromentin. Une année dans le Sahel · texte numérisé non relu

E. Fromentin. Une année dans le Sahel

4. Le Tabl. de la sit., de 1839 (p. 244) signale le grand nombre des cabarets à Alger ; celui de 1840 constate (p. 302) que dans la banlieue, dans un rayon de plus d’un kilomètre on compte de nombreux débitants. En 1837, ils sont 159 à Alger même et 127 dans la banlieue, soit 286 pour une population européenne d'environ 10.000 habitants. Dans ce nombre, on compte 193 Français, 88 étrangers, 4 Israëlites et 1 Musulman. (Arch. Nat. F80 754, Rapport sur le commerce algérien en 1837). Sur la qualité des immigrants, voir Marmier (0. c.) et surtout Baude (0. c.). Les trois quarts de la population civile qui n’est pas salariée par l’État ne sont en Afrique, selon lui, que «pour l’exploitation des besoins. et des vices de l’armée, amas de débitants de boissons, de tabac, de comestibles, d'entrepreneurs de guinguettes et d’estaminets, de

gens de mauvaise vie. population parasite ». Genty de Bussy (0. c., I, p. 214) n’est pas moins sévère.

population stable, et l’activité des affaires ne réflétait pas fidèlement la situation économique de l’arrière pays. Dès 1836, Baude déclarait avec raison qu’il faudrait passer quelque jour de cette « prospérité apparente » fondée sur la consommation «à une prospérité vraie fondée sur le travail». Ville militaire avant tout, vivant de l’armée, Alger était fatalement condamné à une crise, comme il le prévoyait, le jour où les effectifs seraient réduits, par suite des progrès de la pacification. C’est ce qui arriva en 1846 et 1847. « Lorsqu'on vit que les nouvelles constructions ne se vendaient ni aussi vite n1 aussi bien qu’on l’avait espéré... les capitaux hésitèrent, puis se resserrèrent, et une réaction violente éclata. Les ateliers se fermèrent, les constructions s’arrêtèrent, les faillites se multiplièrent et une foule de spéculateurs qui se croyaient riches... furent ramenés à leur point de départ... La valeur des immeubles s’équilibra avec les besoins ? ». Beaucoup de maisons d’ailleurs exigeaient des réparations ; il fallut même en démolir. Si les années précédentes avaient été l’âge d’or des notaires, celles-ci furent celui des huissiers et des avocats, grâce à la multiplication des procès, des saisies, des ventes judiciaires‘. Alger

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