L. de Baudicour, o. c., p
4. E. Pellissier de Reynaud, o. c. Les contestations de propriété avaient été soulevées auparavant, notamment lorsque le Ministre décida, le 21 août 1843, que les acquéreurs d'anciens cimetières seraient sommés de produire des titres pour régler à l’amiable ou poursuivre ; en la circonstance, il s’agissait de revendications opposées à l’autorité militaire pour les terrains du faubourg Bab-Azoun. En 1844, il n’y avait pas moins de 23 instances engagées. (Arch. G. G. N? 6. Fbgs B. Azoun et B.-el-Oued. Lettre du Directeur
perdit en quelques mois près de 10.000 habitants !, ouvriers privés de travail, petits commerçants réduits à fermer boutique, et aussi, chose moins regrettable, aventuriers sans nombre vivant de bénéfices louches, qui portèrent ailleurs leurs spéculations et se vengèrent de leurs mécomptes en jetant le discrédit sur le pays où ils avaient connu une fortune fragile et une ruine précipitée. Les capitaux cherchèrent un emploi dans les travaux des chemins de fer français. La Révolution de 1848 enfin survint mal à propos pour aggraver la crise.
I ne restait pas moins une œuvre considérable, sinon cohérente et bien conçue. La comparaison de deux plans d’Alger et de sa banlieue, en 1830 et 1849?, en fait apparaître et en résume les traits principaux. En 1849, la ligne des nouvelles fortifications embrasse une superficie presque triple de celle de l’ancienne ville ; mais un dixième à peine de l’espace conquis est occupé par des constructions groupées. Du côté du Nord, vers Bab-el-Oued, une grande esplanade, où le fort des 24 heures reste isolé, un Jardin à flanc de coteau et de vastes terrains vagues avec quelques bâtiments dominant le jardin. Du côté du Sud, vers Bab-Azoun, une petite ville en formation,
des finances au Ministre. 2 août 1844). Quant aux faillites, leur progression constante depuis 1835 accusait l’instabilité et les risques du commerce local. (10 en 1835, 20 en 1837 suivant le Rapport sur le commerce algérien déjà cité (Arch. Nat., F80 754),
1. Tabl. de la sit., o. c., 1846-49 où se trouvent (p. 88-90) des renseignements sur la crise de 1846 et sur l’influence des événements qui suivirent. Voir aussi p.
2. Le plan Pelet et celui qui est encarté dans le Tabl. de la sit. de 1845- 1849 ; nous en reparlerons plus loin — ou bien le plan daté de 1846 publié par Berbrügger, que nous avons reproduit dans notre Esquisse sur Alger (o. c., p. 128). Voir le plan Delaroche, p. 272,
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le quartier d’Isly, nettement séparé de l’ancien fossé des murs turcs par les places du Bournou et des Garamantes, et par les espaces vides escarpés où serpente la route du Fort l'Empereur. Cette agglomération a déjà un aspect tout différent de la vieille cité aux rues étroites et tortueuses, aux impasses sans nombre. Une large voie en ligne brisée la divise en deux parties inégales, l’une plus vaste et plus basse, l’autre plus étroite et plus haute, limitée dans son ascension par la rue Mogador. On y chercherait en vain le tracé régulier d’une ville à l’américaine, on sent qu’il a fallu lutter avec les accidents du terrain. La place d’Isly marque le terme du progrès de la ville récemment construite vers le Sud, du moins de la ville civile : car une longue file de bâtiments et de terrains occupés par l’armée relie le fort Bab-Azoun à la place du Bournou, interdisant l’accés de la mer et du futur port, que l’on devine déjà, à d’autres constructions. L’Alger des Turcs est nettement coupé en deux par la rue nouvelle de Bab-Azoun, la place Royale ! et la rue Bab-el-Oued. Au-dessus de ces voies, l’œuvre française est révélée par la rue de Chartres, la place du même nom et la petite place du Gouvernement. Par ailleurs, la physionomie de la vieille ville, à en juger du moins par un plan, n’a pas été modifiée, sauf aux abords de la Casbah qui est maintenant à peu près dégagée. Le quartier compris entre la place Royale, la rue Bab-el-Oued et la mer a un aspect plus régulier, moins enchevêtré que le reste de l’ancien Alger, avec deux artères principales, de largeur inégale, la rue de la Marine et la rue d'Orléans. Les découpures de la côte sont encore visibles,
1. À cette date en effet, l’ancienne place du Gouvernement est dénommée ainsi tandis que la place créée devant le palais d’hiver du Gouverneur lui a pris son nom.
excepté dans la région voisine du vieux port des Barbaresques et de la place Royale où les nouveaux quai ssont déjà amorcés. Aucune voie continue n’existe en bordure de la mer dont la ville reste à peu près isolée par son ancienne enceinte. Les routes de l’intérieur sont bien dessinées : celle de Constantine vers le Sud, celle de Fort l'Empereur (rampe et tournants Rovigo) et celle de Blida (rampe Valée) qui se rejoignent au Sud de la Casbah, celle de la Bouzaréa et celle de la Pointe Pescade qui bifurquent au Nord-Ouest de l’esplanade de Babel-Oued.