‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 14 sur 465 · Idem · texte numérisé non relu

Idem

2. Voir p. 41 note 3. Voir aussi les albums de Otth, Berbrügger, mentionnés p. 23.

3. Theobald Fischer. Muttelmeer bilder. Neue Folge. Leipzig ü. Berlin, 1908 (p. 117).

ment à travers l’Alger des Turcs ! ; elle a constitué pendant longtemps le bord de l’obstacle à travers lequel le percement des voies et sur lequel la construction apparaissaient comme particulièrement difficiles et problématiques. Au sortir de la vieille ville, elle dessine un rentrant franchement accusé vers le Sud-Ouest, qui englobe les quartiers actuels d’Isly supérieur, du village d’Isly, du Plateau Saulière, de la petite ville militaire de Mustapha, de la villa Roux et de Bois-la- Reine ?. Du côté de Bab-el-Oued, elle définit assez bien l’agglomération du faubourg actuel, jusqu’au pied des escarpements d'El-Kettar, du Climat de France et des pentes de la Bouzaréa.

Telles étaient les conditions topographiques offertes par ce site, qui, au demeurant, n’avait rien d’insolite sur les bords de la Méditerranée. À première vue, les deux régions qui auraient paru les plus propices à l’établissement commode d’une ville étaient : pour une cité de dimensions modestes, de 40 à 50 hectares, le cône de déjection surbaissé et la petite plaine d’alluvions de Bab-el-Oued # ; du côté du Sud, la plaine de Mustapha inférieur et du Hamma, ainsi que les espaces sinon plans, du moins faiblement inclinés qui la dominent jusqu’au niveau de 50 mètres, soit une superficie au moins huit fois plus grande à laquelle se serait ajouté le prolongement de la plaine côtière jusqu’à l’Harrach. Mais deux raisons

1. Elle est nettement marquée dans le plan de 1832 ; elle correspond sensiblement au tracé des rues Randon et Marengo.

2. Il est assez difficile et quelquefois impossible de la suivre sur le Plan directeur au 4 /10.000. On la suivra plus facilement sur le Plan de la ville d’'Alger à l’échelle de 1 /7.500 édité par F. Le Bourgeois. Alger, 1906.

3. Quelques gens y songèrent au début de notre occupation. Voir p. 250.

majeures pouvaient aussi faire écarter ce choix et fixer la ville dans une autre région du site.

La position la plus forte était certainement le saïllant la plus oriental que dessine dans sa chute à la mer le massif de la Bouzaréa. Il y avait là une véritable acropole naturelle que la présence de ravins au Nord et au Sud et de falaises escarpées sur le front de mer permettait d’isoler et de défendre ; le petit plateau de la Casbah en formait le couronnement. Le versant Sud de la ligne de crêtes qui se termine à fa pointe Sidi-el-Kettani présente, comme nous l’avons vu, des pentes moins abruptes que le versant Nord; il offrait un autre avantage, celui d’une exposition meilleure, à l'Est et au Sud- Est, par conséquent à l’abri des vents du Nord et du Nord- Ouest, les plus fréquents et les plus violents, les plus froids en hiver.

Une autre circonstance invitait à occuper de préférence cette partie du site : là se trouvait en effet le seul abri de quelque valeur utilisable pour la navigation. Ni la plage de Bab-el-Oued battue par les vagues, n1 la baie de l’Agha exposée aux vents du Nord et de l'Est, ne pouvaient offrir la moindre sécurité ; l’histoire des débarquements opérés par les Espagnols au xvie siècle en fournit des témoignages éclatants ?. Par contre,

1. Sur le versant sud, la déclivité du sol se traduit par une dénivellation de 123%, depuis la Casbah, sur 700, suivant la ligne de plus grande pente (Casbah-ravin du Centaure), soit 179, et sur 1000 à 4100 m, suivant la ligne de plus faible pente (Casbah-rampe de l’Amirauté ou Casbah-bastion I), soit 12 à 110,

2. Ernest Mercier. Histoire de l'Afrique septentrionale. Paris, 1891, tome IL. Voir le récit des débarquements de Diego de Vera dans J’anse de Babel-oued, en 1516, (p. 17), de Hugo de Moncade, en 1519 (p. 25-26) et de Charles-Quint, en 1541 (p. 51-52) dans le fond de la baie de l’Agha.

en face du promontoire le plus oriental, à 250 mètres à peine de la falaise, se trouvaient quatre îlots formant avec les écueils intermédiaires une sorte de T1 pouvant constituer, du côté du Sud, un abri pour de petits bateaux, abri d’ailleurs précaire contre les vents du Nord, mieux couvert de ceux du Nord- Ouest par la pointe Sidi-el-Kettani. Ce sont là des débris d’un promontoire qui a subi l’attaque classique de la mer, moins violente cependant et moins destructrice que celle qui a fait disparaître à peu près complètement celui de Sidi-el-Kettani, encore plus exposé, dont il ne reste plus que la racine, de nombreux écueils et les brisants de la Roche M'Tahen?. Entre l’anse de Bab-el-Oued et la baie de l’Agha, en dehors de ce petit port naturel, il n’y avait que quelques menues plages fort difficiles d’accès, à la moindre houle : la petite anse où devait aboutir Le fossé Nord de la fortification turque, la plage de galets au-dessus de laquelle a été édifiée la Place du Gouvernement actuelle 5%, et à 600 mètres plus au Sud, la crique où débouchait le ravin illustré en 1541 par l’héroïsme des Chevaliers de Malte .

Cette combinaison naturelle d’un promontoire élevé et d’ilots délimitant un mouillage abrité fait immédiatement

2. Le dessin des deux promontoires est bien défini par les lignes des fonds de 10 et de 20% sur le Plan du port d'Alger du service hydrographique de la Marine (0.c). La ligne de 10" enveloppe également l’ilot Al-Djefna, au Sud ; la Roche-sans-nom à l’E.-Sud-Est de ce dernier paraît être l’équivalent de la Roche M'Tahen. L’ilot lui-même était du reste jadis un haut fond sous sept pieds d’eau.

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