‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 15 sur 465 · Voir le plan Pelet de · texte numérisé non relu

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4, Au pied de la rue Waïsse actuelle, Haëdo la désigne sous le nom d’anse de la « Palmera ». Voir le plan Pelet de 1832.

songer à d’autres sites de la Méditerranée, où elle se reproduit à de nombreux exemplaires. Ainsi que l’a remarqué Gsell ?, c’est là « un site vraiment phénicien »; d’une manière plus générale, c’est un site d'établissement humain privilégié. On comprend qu’il ait favorisé la création d’une ville maritime, d’un port de commerce — ou d’un nid de pirates. L’occupation des surfaces plus planes que l’on pouvait trouver dans le voisinage était évidemment réservée à des maîtres du pays qui sauraient les protéger de toute attaque dans un rayon étendu, du côté de la terre et de la mer.

Les conditions nautiques de la baie d'Alger étaient d’ailleurs plutôt médiocres, comme celles des «rares mouillages naturels de l’Algérie abrités contre les vents d'Ouest », qui (n’offrent que bien peu de ressources à la navigation ? ». Ouverte aux vents du Nord, la partie Ouest de la rade d’Alger est insuffisamment protégée de ceux du Nord-Ouest, les plus redoutables, par le massif de la Bouzaréa, par les promontoires du cap Caxine et de la Pointe Pescade. Les lames de l'Ouest et du Nord-Ouest ne sont pas arrêtées par ces obstacles qu’elles contournent. En outre, la houle qui pénètre dans la baie a une tendance à la contourner vers le Sud et le Sud-Ouest 5, comme

1. Stéphane Gsell. Histoire ancienne de l'Afrique du Nord, tome II. Paris, 1918, p. 1959.

2. C’est ainsi que s’exprimait le contre-amiral Mouchez dans ses Instructions nautiques sur les côtes de l’ Algérie. Paris, 1879 (p. 21-26). Cette appréciation est reproduite dans les Instructions éditées depuis cette date : (Voir celles de 1919. Tirage de 1922, p. 124).

3. Il est question dans les Instructions nautiques (p. 124) d’une réflexion du Nord-Ouest sur les plages de la côte Est. En ce qui concerne la baie d’Alger, les observations des ingénieurs sur les causes du ressac observé dans le port permettent d’en contester l’importance.

les courants que l’on y observe, et elle peut compromettre la sécurité des bâtiments mouillés par de trop petits fonds dans la partie Sud-Ouest. Quant aux vents du Nord-Est qui, même en été, soufflent parfois par rafales, seul le revers occidental du cap Matifou présente contre eux un abri suffisant !. Au demeurant, suivant les observations du capitaine de corvette Bérard, à qui l’on doit la première description nautique détaillée des côtes de l’Algérie, « durant la belle saison, on mouille partout indifféremment, dès qu’on est à la distance d’un mille à un mille et demi de la côte ; on trouve alors de 16 à 25 ou 30 brasses d’eau sur un bon fond de vase ». Il ajoute d’ailleurs : «On y est quelquefois bien tourmenté par la mer, quoiqu'il fasse beau temps » ?. Ainsi l'ingénieur Lieussou a-t-1l pu écrire : « Cette position maritime n’avait originellement aucune valeur : une rade foraine pour les vaisseaux, un abri précaire pour sept ou huit petits navires derrière l’îlot de la Marine, une plage de halage au fond de la baie, sont en effet les seuls avantages naturels qu’elle présentait ? ».

Il est en un cependant qui devait prendre toute son importance en raison des progrès de la construction navale, le jour où l’abri aurait été amélioré : nous voulons parler de la profondeur. En effet, sauf dans la partie Nord-Ouest et Nord-Est du mouillage formé par la côte et les îlots, où 1l n’y avait guère

1. C’est là que se trouvait le petit port de Rusguniae (voir p. 100) que Theobald Fischer (0. c.) suppose avec vraisemblance avoir été peu à peu démoli par les assauts de la mer soulevée par les vents d'Ouest.

2. À. Bérard. Description nautique des côtes de l’Algérie. Paris, 1837, p. 91 et suivantes. Cet ouvrage est l’exposé des observations faites pendant le blocus d'Alger de 1827 à 1830 et des résultats de la mission hydrographique accomplie par l’auteur sur le brick « Loiret » de 1831 à 1833.

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